Crédit Agricole: bénéfices en hausse mais en deçà des attentes

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Le bénéfice net part du groupe progresse de 5,5% à 2,1 milliards d’euros au premier trimestre. Le profit de l’entité cotée du groupe Crédit Agricole S.A. (Casa) avance de 1,8% à 1,67 milliard, décevant toutefois les analystes.

Le groupe bancaire français Crédit Agricole a publié jeudi des bénéfices en hausse, mais légèrement inférieurs aux attentes, et a connu une journée mouvementée en bourse.

Le bénéfice net part du groupe a atteint près de 2,1 milliards d’euros au cours des trois premiers mois de l’année, soit une progression de 5,5% par rapport à la même période l’an passé et ce, malgré une hausse de ses provisions pour faire face à des risques économiques accrus liés à la guerre au Moyen-Orient.

Son produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d’affaires pour le secteur, a quant à lui crû de 2,8% pour s’établir à 10 milliards d’euros.

Mais les investisseurs n’ont pas été convaincus par les performances de l’entité cotée du groupe Crédit Agricole S.A. (Casa), qui a publié un bénéfice de 1,67 milliard d’euros (+1,8% sur un an), moins qu’attendu par les analystes.

A la clôture de la Bourse de Paris jeudi, le titre du groupe avait perdu 3,66%, à 16,60 euros, après avoir temporairement reculé de plus de 6% dans la matinée.

«La performance est pénalisée par la baisse des activités de gestion d’actifs (-4,8%) et surtout par la forte chute des services financiers spécialisés (-52%), malgré une bonne tenue de la banque de détail en France (+11%)», a relevé dans une note John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion Private Bank.

«En résumé, la publication reflète une croissance modérée et une hausse du coût du risque (+32%) traduisant un environnement plus contraint malgré quelques poches de résiliences», ajoute l’analyste.

Les résultats du groupe sont qualifiés de «solides» par le dirigeant de Crédit Agricole S.A., Olivier Gavalda, malgré une forte hausse du coût du risque, de plus de 30%, à 960 millions d’euros.

Il s’agit là des sommes mises de côté pour parer aux défauts réels ou probables de remboursement de crédits par ses clients.

Lignes de défense

Du fait de la guerre au Moyen-Orient, «nous provisionnons par rapport à des scénarios macroéconomiques qu’on estime dégradés», a expliqué Olivier Gavalda lors d’un point avec des journalistes.

«Au bout d’un moment, un pétrole plus cher (...) va avoir des conséquences évidemment négatives pour la croissance française et européenne», a-t-il développé, ce qui pourrait augmenter les défauts de remboursements de crédits.

Mais M. Gavalda l’assure: «nous n’avons pas changé de politique d’octroi de crédit» et «nous sommes très aidants avec les PME des secteurs en difficulté», tels que les transports.

Sur le plan commercial, le groupe revendique 600’000 nouveaux clients dans ses «banques de proximité», c’est-à-dire ses caisses régionales, sa filiale LCL, mais aussi à l’international (principalement en Italie).

Le groupe bancaire français avance d’ailleurs ses pions au sein de Banco BPM, la troisième banque italienne, avec une participation qui s’élève désormais à 22,9% du capital.

Cette quote-part a contribué à hauteur de 111 millions d’euros aux résultats du trimestre, dépassant le cap des 100 millions d’euros par trimestre espéré par la direction en début d’année.

L’actionnaire majoritaire de Casa, la SAS Rue La Boétie, a annoncé son intention de racheter jusqu’à 800 millions d’euros d’actions.

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