En dépit d’un bond de sa croissance, Aevis Victoria a fortement creusé sa perte l’an dernier. La société de participations spécialisée dans la santé et les hôtels de luxe se dit toutefois bien positionnée pour étendre encore ses réseaux de soins. Le groupe devrait en outre reprendre le versement de dividende l’an prochain.
Au cours de l’exercice sous revue, le chiffre d’affaires au niveau du groupe s’est élevé à 1,21 milliard de francs, soit une hausse de 14,3% en glissement annuel, annonce Aevis jeudi dans un communiqué. Les recettes consolidées ont elles progressé de 13,5% à 1,01 milliard.
Au niveau de la rentabilité, tous les indicateurs ont reculé. Le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations, amortissements et coûts de restructuration ou de loyer (Ebitdar) consolidé s’est inscrit à 166,6 millions de francs, contre 172 millions en 2024. La marge afférente a atteint 15,8%.
L’Ebitda consolidé s’est élevé à 72,5 millions, après 89,2 millions. En fin de compte, la perte nette a atteint 25,6 millions, contre une perte de 8,3 millions précédemment, «dû à l’absence de transactions en termes de fusions et acquisitions», indique l’entreprise.
En revanche la valeur nette d’inventaire (NAV) par action, «principal indicateur de référence», s’élève à 26,15 francs, en hausse de 7,8% par rapport à 2024. «Elle représente la somme de la valeur de toutes nos participations», calculée différemment selon les segments, souligne le directeur financier Michel Keusch, lors d’un entretien accordé à AWP.
Retour au dividende probable l’an prochain
La société a également réduit sa dette nette de 113,3 millions à 838,9 millions, abaissant le ratio d’endettement de 53,4% à 49,8%.
Dans ce contexte, Aevis prévoit de rétribuer à nouveau ses actionnaires. «Un dividende pour l’année 2026 sera très probablement versé en 2027», indique Antoine Hubert. Le dernier versement date de 2024, au titre de l’exercice 2023.
Dans le détail des filiales, celle dédiée à la santé, Swiss Medical Network, dont la société détient directement et indirectement 76,3%, «reste un moteur clé de croissance». Le chiffre d’affaires brut consolidé a grimpé de 21,7% à 988,5 millions. Les recettes nettes (hors honoraires médicaux) se sont élevées à 835,1 millions (+21,9%). Apurée des acquisitions, la croissance s’est établie à 2%. L’Ebitdar a atteint 133 millions (+16,8% sur un an), soit 15,9% du chiffre d’affaires net.
Aevis est toujours à la recherche de partenaires stratégiques pour cette entité. «Le processus d’analyse stratégique n’as pas encore commencé, nous avons à ce stade mandaté des banques pour le faire», indique le fondateur et président exécutif Antoine Hubert, précisant qu’il ne s’agira pas d’un partenariat purement financier.
Après l’Arc jurassien, la région de Zofingue et le Tessin, Aevis prévoit de déployer son modèle de réseau de soins intégrés en zone d’agglomération, dans la région de Berne, l’an prochain. «Ce modèle fait ses preuves, les coûts notamment générés par nos assurés (Viva) sont inférieurs de 11% à ceux d’autres assurés», relève le directeur général Fabrice Zumbrunnen.
Peu de visibilité sur les conséquences de la guerre
Quant à la filiale hôtelière MRH Switzerland, a vu son chiffre d’affaires progresser de 3,7% à CHF 195,4 millions et l’Ebitdar de 5,8% à 46 millions pour une marge afférente de 23,6%, après 23,1%. La guerre au Moyen-Orient aura des répercussions, sans qu’il soit encore possible de les chiffrer, avec des annulations, mais aussi des réservations de clients qui optent habituellement pour l’Asie. «Jusqu’ici, la marche de nos affaires ne s’en trouve pas affectée, nous ne sommes pas en retard par rapport à 2025», assure Antoine Hubert.
Pour Infracore, spécialisé dans l’immobilier hospitalier, le chiffre d’affaires hors réévaluation s’est élevé à 66,4 millions (+9,7%). L’Ebitda a progressé à 76,7 millions, contre 59,5 millions en 2024). La société immobilière Swiss Hotel Properties, qui détient les infrastructures du portefeuille hôtelier, a enregistré des revenus 46 millions, en hausse de 48,9% sur un an.
Au chapitre des perspectives, seul le segment santé fait l’objectif de projections chiffrées. Swiss Medical Network entend poursuivre sur «sa trajectoire positive», visant une croissance organique de 2 à 3%. La marge Ebitdar est attendue au-dessus de 20,5% en 2026 et autour de 23% à moyen terme. L’Ebitda est escompté entre 75 et 85 millions, «avec un retour à un bénéfice net positif».