Finances fédérales: première coupe dans le budget 2019

AWP

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Le coupe transversale de 19 millions a été acceptée par 99 voix contre 95. L’UDC et le PLR l’ont soutenue.

 

Le Conseil fédéral devrait économiser 19 millions de francs dans les charges de biens et services. Le National a pris mardi ses premières décisions dans le cadre de l’examen du budget 2019 de la Confédération. Il a épargné le personnel fédéral.

Le coupe transversale de 19 millions a été acceptée par 99 voix contre 95. L’UDC et le PLR l’ont soutenue. Le National a décidé dans la foulée de geler l’enveloppe pour les charges de biens et services à 4,281 milliards jusqu’en 2022.

Les autres partis se sont montrés très réticents face à de telles économies linéaires. Cette coupe fera mal. Elle frappera des postes aussi divers que les traductions, les centres d’asile ou la sécurité aérienne. Et surtout l’armée, par exemple avec l’hébergement des militaires, a critiqué Mattea Mayer (PS/ZH).

Personnel fédéral

Une poignée de libéraux-radicaux n’a en revanche pas suffi pour faire passer la proposition de l’UDC de couper 50 millions dans les dépenses de personnel, devisées à 5,855 milliards. Cette économie a été rejetée par 118 voix contre 73.

Il faut freiner la hausse des charges de personnel. Même en retirant 50 millions, elles augmenteront de 37 millions, a plaidé Franz Grüter (UDC/LU).

On ne peut pas demander sans arrêt des sacrifices au personnel tout en exigeant à répétition de nouveaux postes dans l’administration, a rétorqué le ministre des finances Ueli Maurer. Des compensations à l’interne ont déjà été opérées sur 500 emplois ces dernières années, a rappelé le grand argentier face aux appels à geler les effectifs.

La gauche souhaitait quant à elle dans un premier temps augmenter de 25 millions l’enveloppe pour les mesures salariales. Alors que les finances se portent si bien, on devrait pouvoir compenser entièrement (1%) le renchérissement.

D’autant plus que les salaires des employés fédéraux ont moins progressé ces dernières années que dans le privé, a affirmé Barbara Gysi (PS/SG). La proposition a toutefois été retirée en vue des négociations en cours entre le personnel et Ueli Maurer. Une compensation de 0,8% devrait être obtenue.

L’UDC a fait chou blanc avec une autre proposition de coupe transversale. Elle souhaitait raboter 30,6 millions dans les dépenses pour conseil et recherche sur mandat.

Cette enveloppe doit être gelée à son niveau de 2017, soit 185,5 millions, a plaidé en vain Pirmin Schwander (UDC/SZ). Et de douter de l’utilité et de la qualité de tous les mandats confiés à l’externe par l’administration. Il faut des directives plus claires, selon lui.

Coopération et asile

Les débats se poursuivent avec l’aide au développement et l’asile. La gauche souhaiterait accorder jusqu’à 341 millions d’une manière générale à la coopération pour atteindre le but de 0,5% du revenu national brut pour ce domaine. L’UDC propose une série de coupes. Elle pourrait recevoir le soutien du PLR concernant les charges du Département fédéral des affaires étrangères.

Le National devra aussi dire s’il veut couper 45 millions dans le total de 1,265 milliard budgété pour l’aide sociale pour le domaine de l’asile. Sa commission estime la facture trop haute par rapport au recul des demandes.

La discussion fleuve sur le budget est planifiée jusqu’à jeudi. La copie proposée par le gouvernement mise sur des recettes de 73,556 milliards de francs et prévoit des dépenses de 72,296 milliards. Soit un excédent de 1,260 milliard.

Jusqu’ici, le National ne s’est pas distancié des propositions de sa commission préparatoire. Celle-ci n’avait retenu qu’une poignée de modifications et prévu de réduire les dépenses de 70,2 millions. Beaucoup de décisions ont toutefois été prises sur le fil du rasoir et le plénum pourrait s’en écarter.

La droite, UDC en tête, plaide pour des coupes supplémentaires. «Nous ne profiterons pas éternellement de l’embellie actuelle», a estimé Franz Grüter. Le discours pourrait séduire le PLR dans quelques domaines.

Rien n’oblige à l’austérité. D’autant plus que le Conseil fédéral ne dépense pas à tire-larigot, a rétorqué Alois Gmür (PDC/SZ). La gauche défendra quant à elle, hormis pour l’armée, un budget plus généreux. Est-ce normal avec un tel excédent de ne pas investir dans l’avenir, s’est interrogé en substance Samuel Bendahan (PS/VD).

Le Conseil des Etats se prononcera quant à lui lundi prochain. Sa commission des finances souhaite notamment libérer 98,2 millions de plus pour la formation et la recherche. Au National, des propositions allant dans le même sens seront présentées par le camp rose-vert. Une majorité du groupe PDC apporte son soutien.