Accord européen pour réduire les créances douteuses dans l’UE

AWP

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L’accord intervenu garantira que les banques ont moins de prêts non performants à leur bilan, ce qui devrait accroître leur solidité.

Les Européens se sont entendus mardi sur des mesures visant à prévenir les créances douteuses des banques. Héritage de la crise financière, celles-ci plombent encore certains établissements du Vieux continent.

«L’accord intervenu ce jour garantira que les banques ont moins de prêts non performants à leur bilan, ce qui devrait accroître leur solidité et leur permettre de financer les entreprises», s’est réjoui le vice-président de la Commission européenne, chargé des services financiers, Valdis Dombrovskis, cité dans un communiqué.

Les mesures sur lesquelles se sont entendus les négociateurs du Parlement européen et du Conseil de l’UE (qui représente les Etats membres) dans un processus dit de «trilogue», «garantiront que les banques mettent de côté les fonds nécessaires pour couvrir les risques liés aux prêts qu’elles émettront à l’avenir et qui pourraient devenir non performants», souligne la Commission européenne.

En dépit de leur diminution ces dernières années, les prêts non performants constituent l’un des principaux risques hérités du passé menaçant encore le système bancaire européen. Ces prêts, appelés NPL en anglais («non performing loans»), sont des crédits dont l’emprunteur est incapable d’honorer les échéances, aussi bien pour le paiement des intérêts que pour le remboursement du capital.

La situation est très différente selon les pays européens: ainsi au deuxième trimestre 2018, la part de créances douteuses dans l’ensemble des créances nationales était importante en Grèce (44,9%), à Chypre (28,1%) et au Portugal (11,7%). En Italie, dont la santé du secteur bancaire inquiète, leur part s’élève à 10%, soit 2,2 points de moins que l’année précédente.

Après la crise financière de 2008, les Etats de l’UE avaient convenu d’une Union bancaire pour mieux gérer les risques dans la zone euro. Mais cette Union n’est toujours pas finalisée en raison de désaccords entre les États membres, notamment sur la création d’un fonds européen de garantie bancaire des dépôts des particuliers.

Depuis plusieurs années, l’Allemagne traîne des pieds sur ce mécanisme, censé garantir les dépôts bancaires des épargnants. Berlin exhortait d’abord à une réduction des créances douteuses dans les pays du sud, de crainte de devoir payer pour les mauvais élèves.