Ruée vers le cuivre, métal brûlant de la transition énergétique

AWP

2 minutes de lecture

«Si le monde s’oriente vers un avenir plus vert, le cuivre est le nouveau pétrole, et BHP veut une part du gâteau», affirme Kathleen Brooks, analyste chez XBT.

Des véhicules électriques aux panneaux solaires en passant par les éoliennes: le cuivre est utilisé partout pour la transition énergétique, d’où une demande qui explose alors que les ressources sont rares.

D’où une offre d’achat colossale du géant australien BHP sur son rival britannique Anglo American, qui pourrait donner naissance, si elle se concrétise, à la plus grande société minière et productrice de cuivre cotée en bourse au monde.

Nouvel or noir

«Si le monde s’oriente vers un avenir plus vert, le cuivre est le nouveau pétrole, et BHP veut une part du gâteau», affirme Kathleen Brooks, analyste chez XBT.

Les propriétés du cuivre, en particulier sa forte conductivité et sa ductilité (le fait de pouvoir être déformé sans rompre) en font en effet un métal clé pour la transition énergétique, permettant de nombreuses utilisations industrielles.

Ole Hansen, analyste pour Saxobank interrogé par l’AFP, le juge même «crucial» pour la transition verte et «les infrastructures d’énergie renouvelable, étant donné son utilisation dans le câblage et les conducteurs des panneaux solaires, des turbines éoliennes et des équipements connexes».

Le cuivre est aussi un élément essentiel des véhicules électriques, qui «utilisent beaucoup plus de câblage que les véhicules à moteur à combustion interne», poursuit-il.

Les mises à niveau et modernisations du réseau électrique pour faire face à l’augmentation de la consommation d’énergie sont aussi un poste de demande important.

Le métal rouge est aussi nécessaire à la fabrication de «solutions de stockage de l’énergie telles que les batteries», souligne M. Hansen.

Avant l’ère de la transition énergétique, ce métal était principalement utilisé dans les domaines de la construction, du câblage électrique et des ustensiles de cuisine.

Une demande en explosion

«La transition mondiale vers l’énergie électrique a fourni un catalyseur supplémentaire (pour la demande) car les sources d’énergie renouvelables telles que les éoliennes et les panneaux solaires, ainsi que les véhicules électriques, nécessitent d’importantes quantités de cuivre», affirme à l’AFP Dan Coatsworth, analyste chez AJ Bell.

Un véhicule électrique alimenté par une batterie est par exemple trois fois plus gourmand en cuivre qu’un véhicule équipé d’un moteur à combustion interne.

La croissance exponentielle de la demande en cuivre en raison de ses nombreuses applications en ont même fait un baromètre de la croissance économique.

Il en tire même un surnom, celui de «Docteur Cuivre» (Dr Copper): une forte demande de cuivre est d’ordinaire corrélée à la croissance économique mondiale.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le marché du cuivre a augmenté d’environ 50% entre 2017 et 2022, atteignant près de 200 milliards de dollars. La quantité de cuivre consommée dans le monde a doublé en 20 ans.

Une offre à la peine

Entre les grèves, les tensions géopolitiques, les nouvelles réglementations ou encore la baisse des teneurs en cuivre dans les gisements vieillissants qui se traduit par une diminution du métal récupéré à partir de la roche extraite, l’approvisionnement est sous forte pression.

Les craintes d’un important déficit de cuivre sur le marché mondial galvanisent les prix depuis début février. Au London Metal Exchange (LME), bourse des métaux de Londres, le prix du cuivre a déjà pris environ 15% en 2024, frôlant lundi 10.000 dollars la tonne, à son plus haut niveau depuis deux ans.

Le métal rouge avait atteint un sommet historique en mars 2022 à 10.845 dollars la tonne, galvanisé par l’invasion russe de l’Ukraine et les craintes de pénurie.

«L’exploration minière est un processus incroyablement long», souligne par ailleurs Dan Coatsworth.

«Il faut souvent dix ans entre la découverte d’une source de cuivre et son extraction dans le cadre d’une opération minière commerciale».

De plus, il est tout simplement difficile de trouver des gisements cuivre, notamment «suffisamment de matière (dans la roche) pour que l’extraction soit économiquement viable», ajoute-t-il.

«Il est donc plus facile d’acheter une société minière rivale qui possède déjà des ressources prouvées», conclut-il.

A lire aussi...