L’or profitera de l’arrêt de la hausse des taux d’intérêt

Yves Hulmann

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Pour Ned Naylor-Leyland, expert chez Merian, la suspension du processus de normalisation de la politique monétaire de la Fed soutiendra le cours.


©Keystone

De multiples facteurs sont généralement évoqués pour expliquer les fluctuations du cours de l’or. Aux yeux de Ned Naylor-Leyland, spécialiste des métaux précieux chez Merian Global Investors, la principale observation que l’on peut faire au sujet de l’évolution de l’or durant les dix dernières années est sa forte corrélation avec l’évolution de la politique monétaire de la Fed. «En 2011 et e 2012, lorsque le cours de l’or avait atteint ses sommets et évoluait autour de 1’800 dollars l’once, la Fed pratiquait encore une politique monétaire accommodante non conventionnelle. Ensuite, le prix de l’or a chuté de près de moitié au fur et à mesure que la Réserve fédérale a commencé à normaliser sa politique monétaire », analyse l’expert qui gère un fonds consacré à l’or et à l’argent chez Merian Global Investors. Le cours de l’or avait en effet reculé jusqu’à moins de 1’100 dollars à fin 2015, avant de se ressaisir graduellement ensuite. Actuellement, il évolue à un peu moins de 1’300 dollars l’once. 

Moins de vents contraires

Et que faut-il attendre maintenant? Depuis, ce processus de normalisation a été stoppé en janvier, voire même déjà à partir de la mi-décembre. «Le mouvement de hausse des taux intérêt aux Etats-Unis, ou la promesse d’une telle hausse, avait été le principal vent contraire que l’or a dû affronter au cours des six à sept dernières années. Maintenant que ce vent contraire à disparu, l’environnement est redevenu plus favorable pour l’or», poursuit-il.

«L’or reste encore bon marché actuellement»

Le changement d’attitude de la part de la Réserve fédérale américaine explique ainsi en bonne partie le rebond du cours de l’or observé entre décembre et février. «L’or reste encore bon marché actuellement», estime néanmoins l’expert.

Comment la production d’or affecte-t-elle l’évolution des cours du métal précieux? «En général, les modifications de l’offre n’ont qu’une influence à court terme sur le prix de l’or. Ou alors, il faudrait vraiment des problèmes massifs affectant la production quelque part dans le monde pour que cela ait vraiment une influence», relativise Ned Naylor-Leyland.

Les pays du G7 détiennent l’essentiel des réserves.

Quelle est l’influence des investisseurs institutionnels? Aux yeux de l’expert, leur rôle a souvent été exagéré. A cet égard, il rappelle que les réserves d’or des principales banques centrales restent en général stables sur la durée. Une grande attention est portée sur les achats ou les ventes d’or effectués par des pays comme la Russie ou l’Inde. Cependant, les banques centrales des pays du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) continuent de détenir les plus grandes réserves d’or, possédant environ 40% du total, met-il en perspective.

Pas de spécificité britannique vis-à-vis de l’or

Les incertitudes actuelles en Europe, notamment celles liées au Brexit, vont-t-elles inciter un pays comme la Grande-Bretagne à renforcer ses réserves d’or? L’expert n’y croit pas: «Le marché britannique fonctionne tout à fait comme n’importe où ailleurs».

En conclusion, juge l’expert, l’environnement macroéconomique restera favorable à l’or ces prochains mois - à moins que la Fed ne revienne vers un discours allant dans le sens d’une normalisation des taux d’intérêt.