Les perspectives conjoncturelles s’assombrissent selon le KOF

AWP

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Le baromètre s’est ainsi contracté pour la deuxième fois consécutive. L’indicateur s’était en effet affiché à 102,3 points en septembre, avant de se replier à 100,2 points en octobre.

Les attentes pour l’économie suisse ne sont plus aussi positives. Le baromètre du Centre d’études conjoncturelles (KOF) de l’EPFZ, qui permet de mesurer les anticipations en matière de croissance, s’est contracté en novembre de 1,1 point à 99,1 points.

Le baromètre a ainsi reculé pour la deuxième fois consécutive, a précisé le KOF vendredi dans un communiqué. L’indicateur s’était en effet affiché à 102,3 points en septembre, avant de se replier à 100,2 points (chiffre révisé) en octobre.

Il a aussi nettement perdu du terrain depuis ses plus hauts en janvier, où il culminait à 106,5 points. Depuis cette date, l’indicateur a régulièrement reculé.

Le baromètre s’est cependant inscrit dans la fourchette des prévisions des économistes interrogés par AWP, qui s’attendaient à un indicateur entre 98,9 et 101,0 points pendant le mois sous revue.

L’institut zurichois a évoqué un «léger assombrissement des perspectives», le baromètre se situant en dessous de sa moyenne à long terme. Pour les spécialistes du KOF, «l’économie suisse fait face à une période un peu plus difficile», notamment en raison de la détérioration des perspectives à l’export.

«Les impulsions provenant de l’étranger devraient quelque peu fléchir au cours des prochains mois. De même, l’évolution du secteur bancaire et assuranciel devrait aussi perdre de son élan», tandis que le bâtiment, la consommation privée et l’industrie de transformation devraient soutenir l’économie suisse.

Le KOF rejoint les autres indicateurs qui laissent suggérer un ralentissement de la croissance. L’économie suisse a en effet souffert au 3e trimestre, le produit intérieur brut (PIB) ayant reculé de 0,2% en termes réels par rapport aux trois mois précédents. Sur un an, la progression s’affiche à 2,4%, une hausse solide mais inférieure aux prévisions des analystes.

Coup de frein

L’industrie, les services et, du côté des dépenses, la demande intérieure et le commerce extérieur ont tous livré des «impulsions négatives», avait indiqué jeudi le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). Il s’agit d’un coup de frein abrupt, après une phase de croissance dynamique enregistrée depuis un an et demi. L’évolution est synchrone avec celle observée au plan européen.

Les risques de ralentissement conjoncturel en Suisse et à l’international - en raison notamment des craintes sur le Brexit, le budget de l’Italie et les litiges commerciaux - ont amené plusieurs instituts à revoir leurs prévisions de croissance pour la Confédération.

La Banque cantonale de Zurich (ZKB) a légèrement révisé jeudi en baisse ses perspectives pour l’ensemble de l’année, tablant désormais sur un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 2,7% en 2018, contre +3,1% dans les précédentes estimations. Les attentes pour 2019 sont restées inchangées à +1,7%.

Les économistes de BAK Economics ont suivi dans la foulée, abaissant leurs prévisions de PIB pour cette année et la suivante. Ils tablent désormais sur une progression de 2,6% en 2018, contre 3,0% auparavant, et de 1,2% en 2019, contre 1,6% avant.

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