La ZKB anticipe une chute du PIB suisse de 4% cette année

AWP

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La branche du tourisme et l’annulation de plusieurs grands événements sportifs pèseront très fortement sur le PIB suisse, explique le CIO Christoph Schenk.

Les experts en investissements de la Banque cantonale de Zurich se montrent particulièrement pessimistes quant à l’évolution de l’économie suisse cette année. Selon leur responsable en la matière (CIO) Christoph Schenk, le premier établissement cantonal helvétique table sur un plongeon du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse de pas moins de 4% cette année.

La branche du tourisme et l’annulation de plusieurs grands événements sportifs pèseront très fortement sur le PIB suisse, a expliqué jeudi le responsable des investissements de la ZKB lors d’une conférence téléphonique. L’an prochain, les effets de rattrapage se solderont par une vive croissance de 3%.

«Mais ces anticipations sont à prendre avec une grande prudence», a nuancé M. Schenk, tant l’incertitude demeure important en matière de prévision. La vitesse à laquelle la propagation du virus pourra être contrôlé constitue le facteur décisif. Et il n’est pour l’heure pas possible du point de vue actuel de savoir si cela sera déjà le cas en avril. Il semblerait plus réaliste de parier sur le mois de mai.

De fait, les mesures visant à contrôler la propagation du COVID-19 pèsent sur la dynamique économique. M. Schenk distingue quatre phases au niveau de l’impact de la pandémie sur l’économie. La première marque une interruption de la chaîne d’approvisionnement et par conséquent une diminution de la production.

Alors que le flou demeure quant à la durée des mesures, la planification est rendue difficile. L’évolution de la pandémie et la prise de conscience de cette dernière a entraîné la dégringolade des marchés financiers et une volatilité accrue, a poursuivi M. Schenk. Cette phase est marquée par une perte de confiance des intervenants sur les marchés. Et cela se poursuivra aussi longtemps que le nombre de nouveaux cas d’infection ne diminue pas.

Les mesures annoncées par les gouvernements et les banques centrales en vue d’apporter une aide aux entreprises et à l’économie en général sont désormais mises en oeuvre. Au final tout dépendra de l’intensité des réductions de production et de leurs effets sur le marché du travail ainsi que du rythme auquel l’ensemble du système se remettra en route, a dit M. Schenk.

Les mois prochains resteront empreints d’une très forte volatilité des marchés financiers. Quant à la dernière phase, celle du rebond, elle ne devrait pas intervenir avant la deuxième partie de l’année. Cette période sera certainement alimentée par un effet de rattrapage supplémentaire, de sorte que l’économie suisse devrait présenter une croissance de 3% en 2021.

Pour l’expert, la Suisse se trouve en très bonne position par rapport à ses voisins européens ou aux États-Unis, en particulier en matière d’endettement. Toutefois, ce facteur devrait contribuer à l’appréciation du franc.

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