Banques européennes: plus solides mais toujours peu rentables

AWP

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L’Autorité bancaire européenne, dirigée par Adam Farkas, s’inquiète d’une montée des tensions géopolitiques.

Les établissements bancaires européens ont continué à renforcer leur solidité financière en 2018, mais la rentabilité de leurs activités reste faible, relève vendredi l’Autorité bancaire européenne dans un rapport, en s’inquiétant d’une montée des tensions géopolitiques.

«Dans l’ensemble, le secteur bancaire de l’Union européenne a continué à profiter du développement macroéconomique positif dans la plupart des pays européens», souligne l’autorité dans son rapport annuel sur les risques et les vulnérabilités de la finance en Europe.

Cette situation a contribué à «une augmentation des crédits, un nouveau renforcement des ratios de capital des banques et une amélioration de la qualité des actifs», salue le rapport.

En particuliers, la part dans les bilans bancaires des prêts «non performants», c’est-à-dire les crédits présentant un retard d’au moins 90 jours dans le paiement d’une échéance, a été ramenée à 3,6% à fin juin contre 4,4% un an plus tôt.

Cet indicateur a ainsi «atteint son plus bas niveau depuis que la définition des prêts non-performants a été harmonisée au niveau de l’Union européenne en 2014», se félicite l’autorité bancaire.

En ce qui concerne en revanche la rentabilité du secteur bancaire européen, la situation «n’a quasiment pas changé» depuis l’an passé, relève le rapport, soulignant que «la rentabilité reste basse en moyenne et n’a pas encore atteint des niveaux viables».

Notamment, les revenus nets d’intérêts des banques ont continué à être orientés à la baisse ces derniers trimestres et ce malgré la forte progression des volumes de crédits.

En outre, «des coûts élevés et une faible efficacité « sont, selon le rapport, un «facteur majeur» de cette mauvaise performance.

Dans ce contexte, l’Autorité bancaire européenne appelle les banques à se préparer pour des «scenarii adverses, susceptibles d’avoir des conséquences sur le financement, la qualité des actifs et la rentabilité».

Plus précisément, «les incertitudes liées à la sortie du Royaume-Uni hors de l’Union européenne, les tensions politiques dans certains pays européens, la renaissance du protectionnisme parmi certaines des principales puissances économiques et les inquiétudes croissances concernant les économies émergentes peuvent amoindrir les progrès dans le secteur bancaire et avoir des effets négatifs sur la stabilité financière», détaille le rapport.