Aucun refuge pour les investisseurs – Flash boursier Bonhôte

Groupe Bonhôte

2 minutes de lecture

Fort recul du prix du pétrole. Relation tendue entre l’UE et l’Italie.

Le climat s’est encore détérioré la semaine dernière, pour une année 2018 déjà considérée comme l’une des plus difficiles pour les marchés financiers depuis un demi-siècle, avec une faiblesse accentuée de la majorité des actifs ne laissant pratiquement nulle part où se réfugier pour les investisseurs.

Les actions ont baissé et le pétrole a atteint les niveaux les plus bas depuis un an. Les marchés du crédit, récemment peu sensibles, ont aussi présenté des signes de faiblesse. Le cours du brut s’est inscrit en fort recul en fin de semaine après l’information que l’Arabie saoudite a augmenté sa production à des niveaux records, avec plus de 10,7 millions de barils par jour.

La bourse américaine était fermée jeudi à l’occasion du «Thanksgiving» et ouverte seulement une demi-journée vendredi. C’était également le jour du «Black Friday», un des événements les plus importants en matière de ventes au détail et de dépenses aux Etats-Unis. Chaque pronostic de la saison des fêtes fait des prévisions sur le niveau des ventes du vendredi noir. La confiance des investisseurs peut être affectée par le fait que ces attentes soient ou non atteintes ou dépassées.

Les investisseurs restent tout de même sceptiques après que le président américain Donald Trump et le leader chinois Xi Jinping ont annoncé qu’ils étaient tous deux prêts pour une réunion très attendue lors du sommet du G20 en Argentine cette semaine.

En Europe, les équipes de négociations de l’Union européenne et du Royaume-Uni ont conclu un accord sous la forme d’un projet de déclaration politique. Les dirigeants européens l’ont approuvé dimanche lors d’un sommet spécial à Bruxelles. Les investisseurs surveillaient également de près la relation tendue entre l’Union européenne et l’Italie, où la coalition populiste au pouvoir a réaffirmé jeudi sa volonté de maintenir son budget 2019 en l’état, malgré le nouveau rejet par la Commission européenne. Le gouvernement italien, pour sa part, ne semble pas pressé d’éviter la confrontation, encouragé peut-être par le fait que les taux italiens restent à des niveaux relativement gérables.

L’essentiel en bref
Titres sous la loupe

ABB (ISIN: CH0012221716, prix: 19,88 francs)

La volatilité retrouvée des marchés touche tous les secteurs de façon presque non-différenciée. Ceci produit un effet destructeur sur le cours de bourse des entreprises qui ne reflète dès lors pas la qualité des fondamentaux de celles-ci. Le groupe zurichois ABB ne fait malheureusement pas exception. L’entreprise souffre de la prise en considération de l’aspect cyclique de ses activités, malgré le fait que celles-ci sont très diversifiées.

Ses quatre divisions contribuent de façon presque égale à son chiffre d’affaires, et à son bénéfice. ABB est également diversifiée en termes de régions géographiques, avec une exposition significative dans les marchés émergents.

La valorisation du titre est donc très attractive. Le titre se paie 13 fois les bénéfices 2019, ce qui constitue un plus bas depuis 5 ans et un éloignement de deux écart-types par rapport à la moyenne du ratio. Le dividende d’ABB est également intéressant: CHF 0,80 attendu en 2019, ce qui représente un rendement de presque 4% sur ces niveaux.

Ce titre fait partie de nos investissements en mandat.

Renault (ISIN: FR0000131906, prix: 61,80 euros)

Suite à l’alliance industrielle Renault-Nissan formée en 1999, renforcée plus récemment par un accord avec Mitsubishi Motors, ces constructeurs ont dépassé Toyota et Volkswagen, avec plus de 10.6 millions de véhicules vendus en 2017. Ils ont bénéficié des déboires de Volkswagen et aussi de l’offensive réussie dans le low cost pour Renault (Dacia), les SUV (Qashqai) et l’électrique (la Leaf à batteries) chez Nissan.

L’arrestation du CEO Carlos Ghosn, accusé au Japon de dissimulation de revenus et d’abus de bien sociaux, renforce la perspective d’une reprise d’indépendance de Nissan ou plus probablement d’un renversement de pouvoir en sa faveur. Le constructeur détient en effet seulement 15% de Renault alors que Renault a 43,4% de Nissan.

Nissan pèse deux fois plus que Renault avec plus de 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ces groupes sont très imbriqués (partage de plateformes, moteurs) ce qui a permis des synergies et des réductions de coûts importantes. Un retour en arrière entrainerait une forte hausse des coûts de développement.

La valorisation de Renault semble à la casse, à 4 fois le résultat net et 3 fois le flux de trésorerie attendu en 2019. Mais la réaction boursière témoigne des craintes pour l’ensemble du secteur automobile avec le reflux des motorisations diesel, les droits de douane, et d’énormes investissements liés au développement de véhicules électriques et autonomes.