La blockchain, au-delà des cryptomonnaies

Yves Hulmann

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Le Blockchain Leadership Summit réunit à Bâle des entrepreneurs issus de secteurs variés. Le point avec le co-organisateur Ben Banerjee.

Vendredi et samedi, la technologie dite des chaînes de blocs sera abordée sous ses multiples aspects à l’occasion du congrès «Blockchain Leadership Summit» à Bâle. Ben Banerjee, membre du conseil d’administration chez InnMind, la société qui organise l’événement, explique les spécificités de cet événement. 

Le «Blockchain Leadership Summit» abordera des aspects très variés, portant sur les applications pour l’industrie, les sciences de la vie, la finance ainsi que des sujets plus globaux comme l’impact social de la technologie des chaînes de blocs. Voyez-vous des synergies possibles entre ces différents secteurs d’activité autour de cette technologie?
«Je ne vois pas seulement la blockchain comme une technologie
mais quelque chose qui a aussi un fort impact social, économique et politique.»

A mon avis, des synergies existent, bien qu’elles ne soient pas toujours visibles. Vous pouvez comparer cette évolution avec Internet et le pouvoir que cette technologie a eu pour changer la façon dont certains processus fonctionnent. Alors que certains utilisent Internet pour lire les nouvelles, d’autres l’emploient pour commander de la nourriture au supermarché tandis qu’une entreprise y recourt pour améliorer la chaîne d’approvisionnement de ce même supermarché. Il n’y a peut-être pas une synergie directement visible entre ces différentes activités mais on pourrait dire qu’elle existe d’un point de vue technologique et en matière d’infrastructures. Je ne vois pas seulement la blockchain comme une technologie mais quelque chose qui a aussi un fort impact social, économique et politique. 

Pourquoi avoir choisi Bâle comme lieu d’organisation de l’événement, alors que la ville n’est pas spécialement liée à la «Crypto Valley» zougoise?

Tout d’abord, la «Crypto Valley» est justement focalisée sur les cryptotechnologies alors que notre événement s’intéresse à la blockchain qui a un impact plus général sur toutes les principales industries, secteurs d’activité et technologies. Ensuite, la «Crypto Valley» est très centrée autour de Zoug et de Zurich, tandis que nous nous intéressons à l’ensemble de la Suisse et présentons les produits et services helvétiques au monde entier. En outre, Bâle n’est pas seulement une région très dynamique sur le plan économique mais c’est aussi une ville qui est stratégiquement positionnée entre l’Allemagne, la Suisse et la France. J’ajouterais que la mentalité proactive et orientée affaires de ce canton a aussi influencé notre choix de l’endroit de la tenue du sommet. 

«La blockchain a et aura un immense impact sur le secteur financier.»
Au sujet de l’utilisation de la technologie des chaînes de blocs pour la finance, l’attention du public a été portée avant tout sur les cryptomonnaies, comme le Bitcoin. Est-ce un aspect positif ou cela fait-il de l’ombre à d’autres manières d’utiliser cette technologie dans la finance?

Côté positif, cela a apporté une immense publicité, un soutien qui a pu être converti en un intérêt entrepreneurial et des investissements financiers dans ce secteur. Du côté négatif - compte tenu des développements sur le marché des cryptomonnaies et des nombreuses nouvelles négatives dans les médias ainsi que de la volatilité des cryptomonnaies -, cela a aussi induit un scepticisme non justifié à propos de la blockchain. Souvent, les gens finissent par tout mélanger et ils ne réalisent pas que la blockchain est une plateforme technologique alors que les cryptomonnaies constituent seulement l’une de ses applications. En conséquence, ils ont tendance à éviter d’investir dans la blockchain. Je remarque cela en particulier dans la communauté traditionnelle des investisseurs. Néanmoins, cette technologie a et aura un immense impact sur le secteur financier. Non seulement, elle a un impact sur l’économie d’un point de vue global via les cryptomonnaies mais elle modifie aussi structurellement la finance en «automatisant la confiance». Elle prend en charge de nombreuses fonctionnalités des banques – créant ainsi une disruption au sein de ce secteur d’activité et en transformant leur modèle d’affaires.