Moody’s place la note de Carige sous surveillance

AWP

1 minutes de lecture

Les décisions de la BCE et du gouvernement italien ont de bonnes chances de modifier les risques pour les créanciers, selon l’agence de notation.

L’agence de notation Moody’s a placé vendredi sous surveillance la note Caa3 de la banque en difficulté Carige, pour laquelle le gouvernement italien n’exclut pas une nationalisation.

La perspective de la note, amélioration ou dégradation, est «incertaine», a précisé Moody’s dans un communiqué. Cette mesure «fait suite à de récents événements de marché, y compris des décisions de la Banque centrale européenne (BCE) et du gouvernement italien, qui selon Moody’s ont de bonnes chances de modifier les risques pour les créanciers», a précisé l’agence.

«Les scénarios possibles incluent une vente à un partenaire plus solide, une nationalisation ou bien une intervention réglementaire: ces mesures pourraient être positives ou négatives pour les créanciers selon la façon dont elles seraient structurées», a ajouté Moody’s.

Inquiet d’une possible contagion d’une éventuelle faillite de Carige sur le reste du système bancaire, le gouvernement italien a mis en place un plan de soutien à l’établissement génois, plombé depuis plusieurs années par les créances douteuses et une gouvernance instable.

Selon un décret-loi publié mercredi, ce plan prévoit une garantie publique sur les nouvelles obligations émises jusqu’à un montant de 3 milliards d’euros et une aide à une éventuelle recapitalisation préventive, d’un montant maximal d’un milliard.

Le gouvernement italien n’exclut pas une nationalisation de Carige, même si les administrateurs de cette banque ne l’estiment pas nécessaire. Interrogé pour savoir si cette nationalisation était «une hypothèse concrète», l’influent secrétaire à la présidence du conseil, Gian Carlo Giorgetti, bras droit de Matteo Salvini au sein de la Ligue (extrême droite), a répondu «oui».

Mais «la recapitalisation préventive passe par d’autres institutions, Banque centrale européenne (BCE) et Commission européenne. Donc ça ne dépend pas seulement de nous», a-t-il souligné.

La BCE a nommé début janvier «trois administrateurs temporaires» à la tête de Carige, une mesure inédite pour une banque directement sous sa surveillance.

Carige doit par ailleurs présenter un nouveau plan stratégique d’ici à fin février, qui vise à accroître son «attractivité en vue d’une fusion» avec un autre établissement, ont expliqué ses administrateurs.

La banque a déjà procédé à trois augmentations de capital depuis 2014 et changé plusieurs fois de directeurs généraux ces dernières années.