Matières premières – Au gré des vicissitudes géopolitiques

Norbert Ruecker, Julius Baer

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La situation géopolitique a valu aux matières premières un début de décennie agité.

La décennie commence par une actualité géopolitique particulièrement riche

La situation géopolitique a valu aux matières premières un début d’année et de décennie plutôt agité. La montée des tensions entre les États-Unis et l’Iran début janvier a fait craindre des ruptures d’approvisionnement en pétrole et suscité des incertitudes politiques, entraînant une augmentation des prix tant du pétrole que de l’or. La secousse a cependant été de courte durée et l’impact sur les prix a été effacé en quelques jours à peine. Cela nous conforte dans l’idée que les facteurs géopolitiques ont généralement des répercussions temporaires sur les prix des matières premières. Outre l’incertitude sur le plan géopolitique, la situation économique reste centrale. L’économie mondiale commence à donner des signes de stabilisation, bien qu’à de faibles niveaux. La consommation semble solide et n’est guère affectée par la faiblesse du secteur manufacturier mondial. La légère atténuation des risques liés au Brexit et la désescalade sur le front du conflit commercial soutiennent le moral des acteurs économiques. Ces fondamentaux plus positifs semblent globalement bien reflétés dans les prix des matières premières.

Pétrole: une augmentation de l’offre qui devrait peser sur les prix

L’escalade des tensions au Moyen-Orient augmente les risques d’interruptions de la production en Irak sur fond d’interférences de l’Iran et des États-Unis et de tensions sociales grandissantes. Le marché pétrolier reste néanmoins plutôt équilibré pour le moment. La stabilisation économique a peu de chances de se traduire par une hausse significative de la demande de pétrole dans la mesure où les marchés du travail sont restés solides tout au long de 2019. Par ailleurs, l’augmentation de la production du Canada, de la mer du Nord et d’autres régions limitent les besoins en pétrole de schiste américain et des pays du Moyen-Orient, d’autant plus que le Guyana a rejoint le club des pays pétroliers, ses installations off-shore étant désormais opérationnels. Étant donné l’abondance de l’offre, nous estimons que les prix du pétrole devraient revenir en-deçà des 60 dollars le baril vers la fin de l’année.

La production de pétrole norvégienne stimulée par de nouveaux projets


 

Or: plus calme à court terme

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran devraient encore dominer l’actualité et générer de l’incertitude. Toutefois, les risques de choc pétrolier et de poussée inflationniste étant faibles, l’économie reste le principal moteur pour le métal jaune. L’amélioration de la conjoncture devrait limiter le potentiel haussier de l’or dans les mois à venir, mais le probable retour des risques économiques devrait soutenir la demande pour les valeurs refuges, et partant, les prix de l’or, fin 2020.