Les obligations d’entreprise sont souvent perçues comme la composante prudente d’une allocation d’actifs. Pourtant, quiconque a vu les spreads s’écarter ou la liquidité disparaître au mauvais moment le sait: le crédit n’est pas monotone. Le crédit est une discipline. Et la discipline commence par le risque, non pas comme un élément à éviter, mais comme quelque chose qu’il faut comprendre au point de l’évaluer, de le calibrer et de le surveiller.
Chez Candriam, l’investissement dans le crédit est avant tout un exercice de gestion des risques. Nous l’acceptons en le rendant visible, mesurable et discutable avant qu’il ne surprenne nos portefeuilles. C’est ce que nous entendons par dompter le risque.
Une obligation d’entreprise est une promesse contractuelle de flux de trésorerie dans le temps et de remboursement du principal. Le risque de crédit et de notation est au centre de cette équation, mais il interagit avec les taux d’intérêt, l’inflation, le change, les conditions de liquidité etc. Bien gérer les obligations d’entreprises, c’est donc gérer un système de risques, et non des variables isolées.
Le risque principal des obligations d’entreprise est simple: l’émetteur peut ne pas honorer ses obligations financières. Candriam évalue le risque émetteur à travers trois axes complémentaires: le profil opérationnel, le profil financier et le risque événementiel, avec des considérations ESG pleinement intégrées, et complète cette analyse par une lecture de la documentation juridique (covenants, séniorité, caractéristiques de remboursement anticipé etc) obligation par obligation.
Le risque de liquidité est le risque de ne pas pouvoir vendre au moment voulu, à un prix acceptable. Puisque la liquidité peut s’évaporer au moment où elle est la plus précieuse, elle doit être gérée avant qu’elle ne devienne un problème.
L’approche de Candriam en matière de crédit repose sur une conviction centrale: le risque est la matière première du rendement, et l’investisseur qui le comprend le mieux est celui qui peut l’utiliser le plus intelligemment. Notre processus est conçu pour rendre le risque explicite à chaque étape, depuis la définition de l’univers investissable jusqu’à l’analyse des émetteurs, la construction de portefeuilles, et le suivi des positions. Cette discipline est en place depuis 1999 dans les stratégies Investment Grade et High Yield.
Nous sommes prêts à sacrifier une partie de la performance si le rendement dépend de risques que nous ne pouvons pas expliquer clairement. Dans le domaine du crédit, la clarté est un avantage concurrentiel. Notre historique de performance, marqué notamment par l’absence de défaut d’émetteurs au sein des portefeuilles que nous gérons, reflète cette culture1. À titre de comparaison, le taux de défaut historique sur le haut rendement se situe autour de 4 à 5%2.
Bien comprendre le risque implique de délimiter l’univers investissable. Nous réduisons donc l’univers d’investissement pour améliorer la transparence et la liquidité: un premier filtre traite des risques ESG et de gouvernance (avec exclusions, notamment le tabac, le charbon thermique et les armes controversées), un deuxième filtre porte sur la liquidité, et la troisième dimension est l’expertise, afin de nous concentrer sur les secteurs où notre équipe possède une expertise analytique approfondie.
Si l’analyse des émetteurs est essentielle, elle n’est pas complète sans sa remise en contexte de marché.
Les spreads reflètent à la fois les fondamentaux et l’appétit pour le risque du marché. Notre évaluation structurée du marché est essentielle pour situer la solvabilité de l’émetteur dans le contexte de la croissance, de l’inflation, des taux et du cycle du crédit, et pour calibrer nos stratégies de spread par région et par segment de notation en intégrant les valorisations, les fondamentaux, le sentiment de marché et les facteurs techniques.
L’objectif est le même: construire une vision cohérente du risque avant de prendre des décisions de valeur relative. La gestion des risques dans ce cadre est sans équivoque: réaliser ses bénéfices sans hésiter lorsque les spreads ont atteint leur objectif, et couper rapidement ses pertes lorsque la thèse d’investissement est invalidée.
Chez Candriam, nous avons bâti notre culture du crédit autour de cette idée: un univers d’investissement ciblé, une recherche rigoureuse intégrant l’analyse ESG et juridique, des comités structurés qui placent le risque au cœur du débat, et un cadre de marché qui permet de situer chaque émetteur dans son contexte.
Lorsqu’un risque est compris, il devient investissable. Lorsqu’il ne l’est pas, nous assumons pleinement de passer notre tour, même si cela signifie renoncer à une part de performance.
1Zéro défaut dans les portefeuilles Investment Grade et High Yield gérés par l’équipe, depuis le lancement de la stratégie jusqu’à janvier 2026
2Source: Candriam, Bloomberg. Taux de défaut à long terme sur l’univers du haut rendement mondial, décembre 2025.
Discaimer
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