La Chine vise la relance

Fabien Bulliard, Fidelity International

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Les marchés sous-estiment la marge de manœuvre de la Chine en matière de relance.


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Pas de «Big Bang»

La Chine va-t-elle une fois de plus redynamiser l’économie mondiale? Il y a deux manières de répondre à cette question. Selon nous, il est inutile de débattre sur la capacité financière de la Chine à mettre en œuvre un plan de relance de grande envergure – comme ceux de 2009 et de 2015-2016.

En effet, elle ne souhaite pas redynamiser l’économie mondiale. Les mesures de relance à grande échelle et leurs répercussions mondiales ne la préoccupent guère à l’heure actuelle. Nous assistons plutôt à une approche ciblée. Cela ouvre des perspectives plus positives pour la Chine, mais signifie aussi que les autres pays d’Asie émergente et même du monde ne vont pas suivre.

La dernière mesure d’assouplissement à petite échelle date du début de novembre, lorsque la Banque populaire de Chine a baissé son taux «reverse repo», l’un de ses principaux taux directeur, pour la première fois depuis début 2016. Il ne s’agit que d’une réduction de 5 pts de base, soit 0,05%, mais elle survient après que la Chine a procédé, depuis le mois d’août, à plusieurs réductions tout aussi modestes de son nouveau taux d’emprunt préférentiel à un an. En cumulant ces deux effets, le pays se rapproche de ce que les banques centrales des marchés développés considèrent comme une baisse conventionnelle. Plus révélateur encore, ces mini-réductions sont inhabituelles puisqu’elles s’inscrivent dans un contexte de hausse de l’inflation globale – mais nous y reviendrons.

Une approche plus ciblée

C’est l’évolution de la situation qui a dicté cette approche plus ciblée. À la même époque l’an dernier, l’économie chinoise ralentissait nettement. Bien que cela ait coïncidé avec le début des tensions commerciales avec les US, il a été essentiellement favorisé par la campagne de désendettement sur le marché intérieur. En 2016 et 2017, Pékin a adopté une multitude de mesures qui a eu des effets secondaires sur la croissance macroéconomique, et notamment des hausses de taux sur le marché monétaire pour décourager les emprunts, des mesures de répression contre les produits de gestion de patrimoine et des mesures à l’encontre du secteur bancaire parallèle. La correction des actions et la flambée des rendements obligataires ont affecté les marchés chinois, alors même que les marchés mondiaux ont fortement rebondi sur la même période, et la croissance économique a été contenue.

En 2019, nous avons pourtant assisté à une reprise. En début d’année, les responsables politiques avaient délaissé le désendettement en faveur des mesures de relance. Néanmoins, ces dernières sont de nature différente que par le passé. Les tensions commerciales entre les US et la Chine ont entraîné une baisse de l’emploi, surtout dans le secteur manufacturier. Le niveau global de l’emploi étant l’un des points les plus sensibles pour la Chine, les autorités ont fait en sorte d’améliorer les flux de liquidités vers les petites et moyennes entreprises et le secteur privé, qui sont les principaux contributeurs. Cela s’est traduit par des réductions du taux de réserves obligatoires et par la réforme du mécanisme des taux d’emprunt préférentiel à un an, tous deux destinés à réduire les coûts d’emprunt pour les entreprises. Les actifs locaux sont, pour nous, les principaux bénéficiaires de ces politiques d’assouplissement, y compris les emprunts d’État et les obligations à haut rendement, ainsi que les actions A.

Même si ces mesures peuvent aussi se traduire par une amélioration du sentiment dans le reste de l’Asie, nous pensons qu’elles ne sont pas de nature à améliorer les fondamentaux de la région. Ce qui détermine les fondamentaux, en revanche, c’est la posture accommodante des autres grandes banques centrales mondiales. Cette évolution a permis aux banques centrales asiatiques d’assouplir leurs propres politiques, et cette tendance accommodante devrait persister à court et moyen terme, et contribuer à stimuler la croissance des prêts et à prolonger le cycle du crédit.

Plus capable que disposé

La Chine peut agir. L’inflation est la principale contrainte qui pèse actuellement sur sa politique monétaire, mais Pékin dispose d’une plus grande marge de manœuvre que ne le suggèrent les statistiques globales. L’inflation est relativement élevée (3% en septembre) mais elle est principalement due à la flambée des prix des denrées alimentaires résultant de l’impact de la grippe porcine africaine sur les prix du porc. Mais l’inflation sous-jacente est deux fois inférieure (environ 1,5%).

À l’avenir, ce sera la volonté d’agir plus mesurée de la Chine qui aura le plus d’impact. Même si le rythme frénétique de la croissance chinoise a ralenti, et avec lui la capacité de soutenir les prix des actifs mondiaux grâce à des mesures de relance dispersées, les actifs chinois recèlent encore de nombreuses opportunités pour les investisseurs.

 

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