L’enquête sur Powell accentue la pression sur la Fed – implications pour l’or et le dollar

Salman Ahmed, Fidelity International

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La pression sur la Réserve fédérale s’accentuait déjà, mais c’est la première fois qu’elle prend la forme d’une procédure judiciaire officielle. L’issue la plus probable est une désescalade.

©Keystone


Selon certaines informations, les procureurs américains auraient ouvert une enquête pénale visant le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, concernant la rénovation du siège de la Fed à Washington pour un montant de 2,5 milliards de dollars. Powell a réagi en avertissant que l’enquête était une tentative de restreindre l’indépendance de la Fed et de la pousser à baisser les taux d’intérêt. Ce message traduit une certaine fermeté et indique aux marchés que la Fed ne cèdera pas facilement.

Les marchés ont correctement interprété la situation. La réaction immédiate – hausse du prix de l’or, affaiblissement du dollar et nervosité sur les actifs risqués – est classique. Quand l’indépendance institutionnelle est remise en cause, les investisseurs se tournent vers les actifs sans risque. L’or a réagi en premier, ce qui n’est pas un hasard, renforcé par le contexte géopolitique plus large.

Deux scénarios possibles

La première option serait une escalade. Sa probabilité est faible, mais le risque est important.

Dans ce scénario, le dollar s’affaiblirait structurellement. La volatilité des taux augmenterait car les primes de terme seraient réévaluées, rapprochant la possibilité d’un contrôle total de la courbe des taux («Yield Curve Control», YCC). Les actions supporteraient une «taxe» liée au risque politique et l’or resterait recherché.

Personne n’en sortirait gagnant, car le coût du capital augmenterait et la transmission de la politique monétaire serait compromise.

L’alternative, que nous pourrions appeler «l’atténuation», est le scénario de base.

Dans ce cas, l’affaire perd de son intensité. Aucune inculpation n’a été prononcée. Il ne reste que quelques mois au mandat de Powell, l’avantage d’une escalade est limité et le risque d’instabilité sur les marchés est réel.

Les marchés se stabilisent mais n’oublient pas

Le véritable enjeu concerne la Fed après Powell. Même si cet épisode s’atténue, les dommages ne sont pas nuls. La future direction de la Fed sera perçue comme beaucoup plus vulnérable. Cela laisse présager une politique plus dominée par le budget: tolérance accrue à l’inflation, resserrements moins préventifs, contraintes politiques accrues.

Ce régime est favorable à l’or; défavorable au dollar; et source de volatilité sur les taux longs, jusqu’à l’arrivée du YCC.

C’est précisément la manière dont les marchés ont réagi immédiatement après l’annonce concernant Powell.

En résumé, l’issue la plus probable à court terme est la désescalade, surtout si la réaction des marchés s’aggrave. Mais la «prime d’indépendance» a été entamée et, une fois ce risque intégré, les marchés sont lents à revenir en arrière. La politique de la Fed devrait rester inchangée jusqu’au départ de Powell: la banque centrale la plus puissante du monde ne voudra pas donner l’impression de céder à la pression extérieure. Toutefois, des baisses de taux supplémentaires devraient intervenir une fois le nouveau président en place.