Comment la crise du Covid démontre la résilience des infrastructures

ThomasLloyd

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Les investisseurs sont aujourd’hui à la recherche d’actifs alternatifs de long terme et aux rendements résilients.


Travaux de construction en cours de la centrale solaire Uttar Pradesh I, Inde. Une fois terminée, la centrale électrique fournira de l'énergie propre à près de 110’000 personnes.

La crise du Covid a mis en exergue les limites des placements en actions et obligations. Les investisseurs sont aujourd’hui à la recherche d’actifs alternatifs de long terme et aux rendements résilients. L’investissement dans les infrastructures font partie des réponses les plus convaincantes. D’autant que les infrastructures énergétiques en Asie démontrent une belle résistance, comme en témoignent les projets de construction de Thomas Lloyd situés sur cette région.

Les restrictions à la circulation des personnes et des biens sont susceptibles de rester en place pendant un certain temps. Non seulement en Asie mais aussi dans le monde entier. Comme les autorités nationales ont des données encourageantes, les règlementations sont susceptibles d’être modifiées ou d’évoluer localement si les circonstances le justifient. La sécurité des citoyens est partout primordiale, même si les conditions économiques, sociales et les coûts du maintien du confinement sont de plus en plus évidents. Aucun gouvernement, cependant, ne veut revenir aux interdictions généralisées des premiers mois du printemps. Des restrictions localisées vont être mises en place et devraient permettre, à terme, de retrouver une «nouvelle normalité».

Les investisseurs ont été confrontés à une série de défis au cours des 25 dernières années: La «crise asiatique» de 1998, l’explosion et l’effondrement des sociétés Internet en 2001, la crise financière mondiale en 2008-2009 et la crise de la dette en 2012-14. Toutes ces périodes ont été caractérisées par une volatilité extrême des marchés, une grande fluctuation des devises et l’effondrement de certaines entreprises autrefois bien considérées. Malgré les drames locaux, les effets économiques de ces «chocs» spécifiques à un pays ou à une région ont été compensés ou du moins atténués par les bonnes performances d’autres régions. Sur l’ensemble de cette période, la croissance annuelle de l’économie mondiale n’est tombée qu’une seule fois en territoire négatif (avec une baisse de 0,1% en 2009).

2020 se traduit par un ralentissement mondial beaucoup plus synchronisé que les récentes récessions. Les gouvernements ont été prompts à réagir en lançant des mesures monétaires et de relance budgétaire énergiques et ciblées. Les espoirs d’un retour rapide à la croissance en 2021 ont ainsi aidé les marchés d’actions à inverser la plupart de leurs pertes initiales. Malheureusement, une grande partie des anticipations de croissance semble déjà valorisée dans les cours actuels avec des ratios cours/bénéfices proches de pics historiques, malgré des perspectives de résultats des entreprises médiocres.

Il est important que les investisseurs se rendent compte que l’investissement direct dans les infrastructures est le meilleur moyen d’être exposé sur des actifs et des flux de trésorerie de long terme, soutenus par les gouvernements et offrant souvent une protection contractuelle contre l’inflation. Les dividendes boursiers, eux, sont menacés ces prochaines années, les entreprises cherchant à reconstituer leur bilan. La recherche d’investissements alternatifs à la Bourse et les fonds cotés devrait ainsi être le nouvel objectif premier des investisseurs mondiaux.

Il est très possible que les gouvernements, les entreprises et les individus se replient davantage sur eux-mêmes. Les pays ne veulent plus être dépendants des produits fabriqués à l’étranger, les entreprises raccourcissent leurs chaînes d’approvisionnement mondiales, et la multiplication des restrictions de circulation a, de fait, reconstruit les frontières qui avait disparu en Europe.

Si l’accent mis sur le marché intérieur est compréhensible, les investisseurs doivent rester ouverts sur l’international. Les entreprises continuent d’exporter à l’étranger. C’est là que des fabricants peuvent fournir des biens et des matières premières qui ne peuvent être obtenus localement. La volatilité des taux de change plaide indéniablement en faveur de la diversification des portefeuilles. L’économie mondiale la plus dynamique, post Covid, sera toujours en Asie où la population continue de croître rapidement. La crise devrait moins se traduire par un repli de quelques entreprises peu performantes que par un affaissement des rendements corrigés du risque des marchés à forte croissance.

Reste à savoir si les investisseurs vont réduire leurs investissements ou les réorienter vers des secteurs offrant de bons rendements corrigés du risque. La forte chute des cours boursiers a cruellement mis en évidence la sous-performance de nombreux gestionnaires actifs. Ils n’ont pas pu couvrir leurs portefeuilles dans la chute et ont raté le rebond des actions qui a suivi. On peut, dès lors, s’interroger sur leur rôle, voire leur existence. Ces questionnements sont valables pour la gestion action active, mais aussi pour les fonds d’infrastructures cotés. Leurs principaux indices de référence ont sous-performé le S&P 500 à moyen et long terme tout en suivant le même momentum avec la même la volatilité. La liquidité qu’ils offrent n’est une consolation que pour les investisseurs cherchant à vendre rapidement et de la façon la moins coûteuse un actif peu performant.

C’est la raison pour laquelle nous croyons fermement que la création de valeur à long terme est une proposition d’investissement convaincante, évitant à la fois la volatilité des actions et le piège des obligations souveraines qui ne rapportent presque plus rien.

Aucun pays n’a été épargné par la crise du Covid. Les restrictions de circulation ont eu un impact direct sur les nations les plus peuplées et sur celles où l’activité économique repose essentiellement sur la main-d’œuvre. Cela a été visible en Asie et en Amérique latine, mais aussi dans certaines régions d’Europe occidentale où l’on dénombre de grandes concentrations de travailleurs immigrés. Les pays les plus avancés, en revanche, ont été vulnérables aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement compte tenu de leur modèle de croissance reposant sur le «juste à temps».

Les pays les plus résilients se caractériseront par un gouvernement fort et stable, une tradition fructueuse de partenariats public/privé, la libre circulation des marchandises, de la main-d’œuvre et des capitaux, et un cadre juridique international solide. Ces indicateurs de gouvernance seront d’ailleurs de plus en plus déterminants pour le redressement des PIB à venir.

Fort de tous ces éléments, la crise a-t-elle donc touché les actifs sous gestion de Thomas Lloyd en Asie ? Clairement, nous n’avons constaté aucune répercussion dans nos usines de biomasse aux Philippines, puisque leur construction était déjà achevée avant la fin de l’année dernière. Nos centrales solaires aux Philippines sont pleinement opérationnelles et n’ont pas été touchées par la pandémie, si ce n’est qu’elles doivent respecter strictement les règles relatives à la Quarantaine communautaire générale (MGCQ), en place depuis la mi-mars.

En Inde, le gouvernement a émis des règles de confinement le 25 mars. Cependant, il a décrété que les unités et les services de production, de transport et de distribution d’électricité étaient essentiels. Ce qui signifie que, sous réserve d’un respect strict des règles locales, nos cinq centrales solaires opérationnelles ont pu poursuivre à pleine capacité, bien qu’avec une réduction des travaux de maintenance en cours. Le confinement a ensuite été assoupli, bien qu’un retour au «statu quo ex ante» soit encore loin.

Nous avons actuellement un site (de 75 MWp) en construction dans l’Uttar Pradesh. C’est là que les restrictions à la circulation des personnes et des biens ont été les plus strictes. Le début de la construction des travaux a été célébrée le 18 mars et le contractant a mobilisé les ressources nécessaires pour le lancement des travaux. Après une première suspension, le Ministère de l’intérieur a annoncé que la construction d’installations d’énergie renouvelable était autorisée à compter du 20 avril, sous réserve du respect des mesures de distanciation et d’hygiène et de l’approbation du district local.  La société a nommé un responsable à plein temps sur le site pour superviser et contrôler les mesures de sécurité liées au Covid. Malgré ces difficultés, la société a ainsi pu limiter le retard (qui n’excédera pas 6 à 8 semaines), et prévoit une mise en service du projet au cours du dernier trimestre de cette année.