Les bourses mondiales patientent mardi, à l’approche du résultat des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, tandis que les investisseurs s’interrogent sur la rentabilité de l’intelligence artificielle.
L’attention se porte sur les élections américaines de mi-mandat qui s’avèrent cruciales pour Donald Trump, l’opposition démocrate espérant remporter une double majorité au Congrès et limiter ainsi l’action de l’homme qui bouleverse depuis dix ans tous les codes politiques des Etats-Unis.
Les premiers bureaux de vote ont ouvert à 11H00 GMT sur la côte est des Etats-Unis et les premiers résultats sont attendus dans la nuit. Les sondages donnent les démocrates gagnants à la Chambre des représentants, entièrement renouvelée, l’issue étant plus incertaine au Sénat.
«Les investisseurs abordent ce scrutin dans un climat de prudence», commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
«Les éventuels changements dans la répartition du pouvoir au Congrès pourraient entraîner un renforcement de la surveillance réglementaire du secteur de l’intelligence artificielle, ainsi qu’une intensification des tensions autour du plafond légal de la dette américaine, dont le relèvement sera à nouveau nécessaire l’année prochaine», relève Patrick Munnelly, de Tickmill Group.
Aux Etats-Unis, vers 16H50 GMT, l’indice Nasdaq - qui rassemble les grands noms de la tech - prenait 0,76%, l’indice élargi S&P 500 gagnait 0,41% tandis que le Dow Jones reculait de 0,39%.
L’Europe garde également un oeil sur les élections américaines de mi-mandat. Pour Michael Field, responsable de la stratégie actions européennes chez Morningstar, «la politique américaine était autrefois relativement secondaire pour les investisseurs européens».
«La situation a considérablement évolué ces dernières années, les décisions prises aux Etats-Unis en matière de commerce et de politique étrangère ayant désormais des répercussions beaucoup plus directes sur les entreprises européennes, leurs chaînes d’approvisionnement et la croissance économique», souligne-t-il.
La Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,34%, Francfort a perdu 0,45% et Milan 0,01%. A Zurich, la Bourse suisse a clôturé en baisse de 0,40%.
Les pétrolières emportées par la baisse du brut
La Bourse de Londres a cédé 1,14%, entraînée par BP (-1,87%) et Shell (-1,38%). «Les producteurs d’énergie ont enregistré les plus fortes baisses parmi les grandes capitalisations. Le recul des cours du pétrole a pesé sur l’ensemble du secteur», souligne Patrick Munnelly.
A Paris, TotalEnergies a perdu 1,08%. Eni a cédé 1,81% à Milan, quand Equinor a lâché 1,36% à Oslo après avoir perdu plus de 4% la veille.
A New York, Chevron lâchait 0,94%, ExxonMobil 1,15% et ConocoPhillips 1,80% vers 16H50 GMT.
Les cours du pétrole s’inscrivent en effet en baisse mardi, le regain d’espoirs diplomatiques au Moyen-Orient se poursuivant malgré des frappes américaines contre des infrastructures iraniennes.
Après une chute de plus de 7% lundi, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, poursuivait sa baisse, cédant 1,20%, à 103,51 dollars vers 16H50 GMT. Son équivalent américain, le WTI, reculait de 0,44%, à 96,04 dollars.
La tech surveillée
En parallèle, «les investisseurs perdent manifestement patience face au discours sur l’augmentation des dépenses d’investissement dans l’IA et attendent désormais des retombées concrètes», relève Kathleen Brooks.
Apple (-1,91% à New York) a prévu lundi un ralentissement de sa croissance pour la période des fêtes, entre 7 et 10%, et une marge rognée par la flambée du prix des puces mémoire, malgré un trimestre de juillet-septembre record, porté par l’iPhone.
Malgré des résultats meilleurs que prévu, le groupe d’analyses de données Palantir tombait également (-3,21%), pénalisé par des prévisions laissant entrevoir un ralentissement de la croissance d’un trimestre sur l’autre, selon les analystes.
«Alors qu’au cours des derniers mois, la seule perspective d’une poursuite de la croissance liée à l’intelligence artificielle suffisait souvent à faire grimper fortement les cours, même de solides résultats financiers servent désormais de prétexte à des prises de bénéfices», note Andreas Lipkow, chez CMC Markets.
«Les investisseurs ne remettent pas forcément en cause les perspectives de long terme des groupes technologiques, mais s’interrogent davantage sur la justification de leurs valorisations élevées», poursuit-il.