Indosuez: Tiera Capital vise 18 milliards d’euros d’actifs en 2028

AWP

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À l’occasion du 25e anniversaire de la plateforme, son responsable mondial des marchés privés, Nicolas Renauld, anticipe une phase plus exigeante pour le secteur, après plus d’une décennie de conditions particulièrement favorables.

Tiera Capital, propriété d’Indosuez Wealth Management et lancée à l’origine en Suisse, entend porter ses actifs sous gestion à 18 milliards d’euros d’ici 2028, contre 13 milliards actuellement. À l’occasion du 25e anniversaire de la plateforme, son responsable mondial des marchés privés, Nicolas Renauld, anticipe une phase plus exigeante pour le secteur, après plus d’une décennie de conditions particulièrement favorables.

«Les marchés privés ne constituent plus une offre périphérique, ils sont devenus une composante à part entière de la construction patrimoniale à long terme», souligne M. Renauld dans un entretien accordé à AWP.

La plateforme, qui compte neuf implantations dans le monde, a progressivement étendu ses activités du capital-risque au rachat par effet de levier (LBO), en passant par la dette privée, les infrastructures, le co-investissement direct et le marché secondaire transactionnel.

Pour atteindre son objectif de croissance, Tiera Capital compte notamment s’appuyer sur le potentiel de ses marchés historiques européens, dont la France, la Suisse, le Luxembourg, Monaco et la Belgique, ainsi que sur sa clientèle internationale au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique latine.

L’élargissement de l’offre, avec des solutions destinées tant aux single family offices qu’à une clientèle plus large, doit également contribuer à cette progression. Les clientèles du groupe Crédit Agricole, maison mère d’Indosuez Wealth Management, constituent un autre relais de croissance.

Accès élargi, risques persistants

Le développement des encours ne doit toutefois pas se faire au détriment de la qualité des investissements, prévient le responsable. «Une croissance mal maîtrisée peut devenir un risque lorsqu’elle conduit à compromettre la qualité des investissements ou la discipline de sélection.»

La démocratisation des marchés privés, favorisée notamment par la réduction des tickets d’entrée, le développement de structures semi-liquides et l’évolution des cadres réglementaires, permet à un nombre croissant d’investisseurs d’y participer. «Démocratiser l’accès ne doit jamais signifier démocratiser les mauvaises pratiques», avertit M. Renauld, qui estime que l’élargissement de la clientèle ne saurait justifier un abaissement des standards d’investissement.

Tiera Capital, dont le portefeuille couvre plus de 4000 entreprises réparties sur 600 fonds, identifie plusieurs axes d’opportunité pour les prochaines années.

Dans le capital-investissement, la création de valeur opérationnelle devrait redevenir le principal facteur de différenciation entre les investissements. Les infrastructures bénéficient, quant à elles, de besoins de financement considérables, notamment dans la numérisation et la souveraineté européenne. Le marché secondaire devrait également poursuivre son développement, porté par l’évolution structurelle des besoins de liquidité des investisseurs.

Selon M. Renauld, «les prochaines années récompenseront moins ceux qui auront suivi les tendances que ceux qui auront su sélectionner les bons actifs, au bon prix, et avec une transformation dans la durée.»

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