Le moral des investisseurs allemands a rechuté plus fortement qu’attendu en octobre, après cinq mois de hausse. La rechute illustre l’inflation énergétique résultant de la guerre au Moyen-Orient, laquelle a ravivé les inquiétudes sur la reprise économique, selon le baromètre de l’institut ZEW publié mardi.
Cet indicateur, qui mesure les attentes économiques des investisseurs, a diminué de 6,6 points pour s’établir à 28,1 points, tandis que les analystes sondés par la plateforme Factset s’attendaient à un recul moins marqué, à 29,7 points. «L’économie allemande sort lentement de la stagnation, mais la reprise ne se soutient pas d’elle-même», a noté Achim Wambach, président du ZEW, dans un communiqué.
Après une nette chute au début du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, l’indicateur avait progressé sans discontinuer depuis le mois d’avril. Mais la hausse durable des prix de l’énergie pèse sur les revenus et les coûts de production des entreprises, ce qui retarde l’embellie de la consommation des ménages et de l’investissement privé, a expliqué M. Wambach.
«La situation géopolitique, toujours tendue, et le niveau durablement élevé des prix du pétrole et du gaz ont probablement pesé récemment sur le moral des analystes financiers», a confirmé Felicitas Henze pour Deutsche Bank Research. Au début du quatrième trimestre 2026, le tableau est «contrasté pour les différents secteurs économiques, selon le ZEW.
Investisssements publics
Les banques et les assurances reculent «fortement en octobre», après des mois de hausse, tout comme les les services et les télécommunications. À l’inverse, la production sidérurgique, métallurgique et électronique «envoie des signaux positifs».
L’évaluation de la situation actuelle, autre composante du baromètre, enregistre en revanche une nouvelle nette hausse de 11,2 points, à -35,9 points. Pour constituer son baromètre, le ZEW a sondé 178 analystes et investisseurs entre le 2 et 19 octobre.
Le gouvernement de l’Allemagne prévoit une croissance de 1,3% du produit intérieur brut (PIB) du pays en 2026, principalement grâce aux centaines de milliards d’euros d’investissements publics dans la défense et les infrastructures. Pour stimuler l’investissement privé, point faible de la première économie européenne, Berlin tient mardi un sommet pour attirer les capitaux étrangers, avec près de 200 chefs d’entreprise invités.
Le principal atout du pays vanté mardi par le chancelier conservateur Friedrich Merz : la richesse des données industrielles des PME allemandes, qui peuvent être exploitées par l’intelligence artificielle.