La course à la succession de Guy Parmelin est ouverte, les candidats et candidates ont jusqu’au 23 octobre 12h00 pour s’annoncer. De nombreux noms circulent déjà. Pour l’instant, personne n’a officiellement déposé sa candidature. Voici un aperçu des papables:
L’UDC n’a jusqu’à présent jamais présenté de femmes pour le Conseil fédéral. Cette fois-ci pourrait être la bonne pour une représentation féminine.
La vice-présidente du parti et conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz ne s’était pas présentée en 2022 après le retrait d’Ueli Maurer. Elle pourrait tenter sa chance cette fois-ci. Elle doit annoncer sa décision ce jeudi devant la presse. Ses votes à contre-courant du parti ont toutefois irrité ses collègues UDC.
Figure bien connue de l’UDC, la directrice de la santé publique de Zurich et ancienne conseillère nationale Natalie Rickli sera en pleine campagne électorale pour défendre son siège au Conseil d’Etat zurichois. Ce qui pourrait constituer un obstacle à une candidature.
Des Romands en embuscade?
Le nom d’Yvan Pahud circule parmi les papables. Et lui-même ne ferme pas la porte à une candidature. «La fonction m’intéresse, mais je dois bien entendu y réfléchir», a indiqué le Vaudois à Keystone-ATS. Son principal problème réside dans sa faible expérience au Parlement. Il ne siège au Conseil national que depuis 2023.
Un autre nom à prendre au sérieux est celui du Fribourgeois Nicolas Kolly, élu lui aussi à la Chambre du peuple en 2023. Membre du comité directeur du groupe UDC, il intervient notamment sur les dossiers de l’agriculture et des relations avec l’UE. Il a confirmé à Keystone-ATS être «actuellement sérieusement en réflexion».
Interrogé par Keystone-ATS le 3 octobre, jour de l’annonce du retrait de Guy Parmelin, le conseiller d’Etat bernois UDC Pierre Alain Schnegg a déclaré: «C’est maintenant la reconnaissance du travail et des réalisations de Guy Parmelin qui doit être au premier plan. Je ne souhaite pas m’exprimer pour l’instant sur d’éventuels pas supplémentaires». M. Schnegg est chef de la Direction de la santé, des affaires sociales et de l’intégration du canton de Berne, depuis 2016.
Et côté alémanique?
Les cantons de Suisse alémanique pourraient présenter Franz Ruppen. Le conseiller d’Etat valaisan a indiqué «vouloir réfléchir», confirmant à Keystone-ATS une information du Walliser Bote. Originaire du Haut-Valais, il connaît bien le fonctionnement du Parlement à Berne pour y avoir siégé en tant que conseiller national de 2015 à 2021. Il est conseiller d’Etat valaisan depuis 2021.
Le chef du groupe parlementaire UDC, Thomas Aeschi, n’a pour l’instant pas souhaité s’exprimer sur une éventuelle candidature. Il est considéré comme un partisan de la ligne dure, ce qui pourrait lui valoir peu de soutiens en dehors du groupe parlementaire de l’UDC.
Le conseiller national zougois avait été candidat face à Guy Parmelin en 2015, lors de la succession d’Eveline Widmer-Schlumpf. Il avait en revanche renoncé à se présenter en 2022, après le départ d’Ueli Maurer
Le conseiller national zurichois Thomas Matter est considéré comme un poids lourd de son parti. Au Parlement, sa position intransigeante pourrait toutefois ne pas lui permettre de rallier une majorité. Son nom avait déjà été évoqué lors de la succession d’Ueli Maurer, mais il avait toutefois renoncé à se porter candidat. La question de savoir si cet entrepreneur, qui siège à la Chambre du peuple depuis 2014, changera d’avis reste pour l’instant en suspens.
Franz Grüter, conseiller national lucernois depuis 2015, n’exclut pas de se porter candidat. Ses origines pourraient jouer en sa faveur: le dernier conseiller fédéral lucernois était Kaspar Villiger (PLR), en fonction de 1989 à 2003.
Selon l’Aargauer Zeitung, le directeur de la santé argovien Jean-Pierre Gallati envisage de se porter candidat. L’élu s’est lui aussi attiré les foudres de certains membres de son parti pendant la pandémie de Covid-19. En 2019, il avait été élu au Conseil national ainsi qu’au gouvernement cantonal argovien. Après quelques mois passés à Berne, il a pris ses fonctions en Argovie.
Qui ne se présentera pas?
La conseillère aux Etats Saint-Galloise Esther Friedli a renoncé à se porter candidate, après avoir été citée par les médias et par le président de la Confédération Guy Parmelin comme potentielle successeure. Elle souhaite se concentrer sur son travail au Stöckli et se présenter à sa réélection l’année prochaine.
Figure de proue à l’UDC, la conseillère nationale grisonne Magdalena Martullo-Blocher ne se présentera pas non plus. «Je suis entrepreneuse et cela n’est pas compatible» avec mon emploi à la tête de l’entreprise Ems-Chemie, a-t-elle déclaré à la radio-télévision alémanique SRF.
Le conseiller national fribourgeois Pierre-André Page, actuel président du Conseil national, renonce lui aussi au siège de conseiller fédéral. Il soutient en revanche une éventuelle candidature de son collègue fribourgeois Nicolas Kolly.
Le conseiller national Sylvain Freymond, président de l’UDC vaudoise, n’entend pas non plus se présenter. Il veut se concentrer sur les élections cantonales de février prochain, a-t-il dit à la RTS. Elu en 2023 à la Chambre du peuple, il estime ne pas être en fonction depuis assez longtemps. «Ça ne se fera pas cette fois-ci, mais peut-être plus tard, si l’occasion se présente», a ajouté l’élu de 42 ans. Pour lui, il est essentiel qu’un représentant de l’UDC de Suisse romande accède au Conseil fédéral.
Le président de l’UDC Suisse Marcel Dettling, conseiller national schwyzois, ne nourrit pas non plus, pour l’instant, d’ambitions gouvernementales. Ses priorités sont ailleurs, a-t-il dit, précisant: «Ma mission est de diriger le parti».