La BNS devrait maintenir ses taux inchangés, l'inflation restant maîtrisée

Martina Honegger-Romahn, Allianz Global Investors

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Alors qu’une grande partie du monde est aux prises avec une nouvelle vague d’inflation, la Suisse reste une exception notable.

Nous prévoyons que la Banque nationale suisse (BNS) maintiendra son taux directeur inchangé à 0% lors de sa prochaine réunion de politique monétaire et qu’elle le maintiendra à ce niveau jusqu’à la fin de l’année 2026.

  • L’inflation suisse a atteint 0,8%, ce qui reste largement dans la fourchette de stabilité des prix de 0 à 2% fixée par la BNS, malgré une nouvelle hausse de l’inflation dans de nombreuses grandes économies.
  • Selon nous, la première hausse des taux de la BNS devrait plutôt intervenir en 2027, à moins que la hausse des prix de l’énergie, l’affaiblissement du franc suisse et le renforcement de la croissance intérieure ne se combinent pour créer des pressions inflationnistes plus persistantes.

Alors qu’une grande partie du monde est aux prises avec une nouvelle vague d’inflation, la Suisse reste une exception notable. Nous prévoyons que la Banque nationale suisse maintiendra son taux directeur inchangé à 0% lors de sa prochaine évaluation de la politique monétaire et qu’elle le maintiendra à ce niveau jusqu’à la fin de 2026. L’inflation reste largement dans la fourchette cible de la BNS, le franc suisse s’est modéré par rapport aux niveaux extrêmes observés plus tôt dans l’année et les pressions sur les prix intérieurs restent contenues.

L’inflation suisse a atteint 0,8% en août, ce qui reste largement dans la fourchette de stabilité des prix de 0 à 2% fixée par la BNS. En revanche, l’inflation dans plusieurs grandes économies a nettement dépassé l’objectif, ce qui a incité les banques centrales à réévaluer leur orientation de politique monétaire. La Banque centrale européenne (BCE), par exemple, a relevé ses taux de 25 points de base le 10 septembre, portant son taux de dépôt à 2,50%, alors que l’inflation dans la zone euro a atteint 3,3% en août(1).

Ces nouvelles pressions inflationnistes résultent d’une combinaison de facteurs, notamment une activité économique plus forte que prévu, des investissements importants dans les infrastructures, la défense et les data centers, la hausse des prix de l’énergie et la persistance de perturbations dans les chaînes d’approvisionnement, dans un contexte géopolitique de plus en plus incertain.

Position de la BNS: une marge pour rester patiente

Pour la BNS, toutefois, le contexte actuel est nettement plus favorable. Le taux directeur reste à 0%, tandis que le franc suisse s’est éloigné des niveaux extrêmes observés en début d’année. Parallèlement, l’inflation, qui était proche de zéro en début d’année, est revenue vers le milieu de la fourchette cible de la BNS.

Cela représente un changement significatif par rapport aux inquiétudes qui prévalaient l’année dernière, lorsque les marchés évoquaient la possibilité d’un retour aux taux d’intérêt négatifs et d’une reprise des interventions sur le marché des changes. Aujourd’hui, l’inflation se rapprochant de la cible et les pressions sur la monnaie s’atténuant, la BNS dispose désormais d’une marge de manœuvre nettement plus importante pour faire preuve de patience.

Qu’est-ce qui pourrait déclencher une hausse des taux de la BNS?

La BNS ne devrait pas s'écarter de son taux directeur de 0% à moins que les pressions inflationnistes ne deviennent plus persistantes. Pour que l'inflation suisse connaisse une hausse durable, plusieurs facteurs devraient probablement se conjuguer simultanément: la BCE devrait maintenir ou prolonger son cycle de resserrement, exerçant ainsi une pression à la baisse supplémentaire sur le franc suisse; les prix de l'énergie devraient rester élevés; et l'économie suisse devrait conserver son élan récent.

Ce dernier point est particulièrement important. Les données économiques récentes se sont révélées meilleures que prévu, avec un indice PMI (Purchasing Managers' Index) à 57,1 et une croissance du PIB de 2,8% en glissement annuel, ce qui témoigne de la résilience de l’économie nationale. Si cette vigueur persistait et commençait à se répercuter plus largement sur les prix, les arguments en faveur d’un resserrement de la politique monétaire se renforceraient progressivement.

Perspectives: les taux devraient rester inchangés en 2026

Néanmoins, à l’approche de la prochaine évaluation de la politique monétaire de la BNS et alors que l’inflation reste largement dans sa fourchette cible, nous estimons que la BNS n’a guère de raison immédiate de relever ses taux. Les conditions monétaires ne sont plus excessivement restrictives, tandis que les signes de pressions inflationnistes persistantes d’origine intérieure sont limités.

Alors que l’année entre déjà dans son dernier trimestre, notre scénario de base est donc que la BNS continuera d’adopter une approche prudente, fondée sur les données, et maintiendra ses taux inchangés jusqu’à la fin de 2026, la première hausse des taux devant intervenir plus probablement en mars 2027.

Les principaux risques pesant sur cette perspective seraient un nouvel affaiblissement inattendu du franc suisse, des hausses de taux plus marquées de la part des banques centrales homologues, des prix de l’énergie qui resteraient élevés, une croissance intérieure plus forte que prévu ou un changement dans la dynamique mondiale de financement en faveur du franc suisse et au détriment du yen japonais. Une combinaison de ces facteurs pourrait exercer une pression à la hausse sur l’inflation suisse et avancer la date d’une hausse des taux de la BNS.


(1) Toutes les données proviennent de Bloomberg, le 17 septembre 2026

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