Gonet: l'actualité des marchés au 21 septembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,18%, S&P 500 +0,17%, Nasdaq +0,39%, Russell -0,50%, SOX +2,78%, Eurostoxx -1,37%, SMI -1,15%.

 

Le sentiment du marché revient ragaillardi de son weekend. Le président des Etats-Unis indique qu’il pourrait être ouvert à rencontrer le président Iranien, le pétrole recule depuis quatre séances, le baril de Brent est de retour à 102,16 dollars après avoir sérieusement tenté de casser le niveau de 110 dollars. En parallèle Scott Bessent déclare que les discussions avec ses homologues chinois sur l’intelligence artificielle, le commerce et les investissements ont été «très fructueuses», avant le sommet prévu cette semaine entre Donald Trump et Xi Jinping. Les médias d’Etat chinois qualifient les échanges de francs et constructifs. Et puis la Fed a relevé son taux directeur de 25 points de base mercredi passé en adoptant une posture clairement restrictive pour la suite, ce qui a rassuré le marché plutôt que de le faire tanguer, les intervenant sont probablement rassurés que quelqu’un prenne fermement en mains le combat contre l’inflation, la réaction de la courbe des taux US l’atteste, qui a surtout fait remonter le rendement du 2 ans tandis que celui du 30 ans recule sur la semaine écoulée, on reste cependant attentif au 10 ans, qui ne cesse de flirter avec la barre des 5%, ce matin il cote 4,96%.

Cette semaine le sommet entre Donald Trump et Xi Jinping sera particulièrement surveillé, car toute annonce sur le commerce ou les droits de douane pourrait provoquer de forts mouvements du dollar, du yuan et des devises sensibles au risque. Au Japon, le niveau actuel de 157,10 sur le dollar contre yen accroît le risque d’une intervention verbale ou directe des autorités, avec de possibles répercussions sur les autres paires liées au yen, notamment le franc suisse. La faiblesse persistante du pétrole pourrait renforcer l’attrait relatif de l’or. Enfin, les conséquences politiques des élections régionales allemandes pourraient exercer une pression modérée sur l’euro.

Parlons-en de l’euro et de ses deux «moteurs». D’un côté la France où le rendement de l’OAT française à 10 ans atteint désormais 4,48%, soit une prime de 101 points de base au-dessus du 10 ans Bund allemand. Cette tension sur la dette publique s’accompagne d’une nette faiblesse du CAC 40, qui se rapproche du seuil symbolique des 8’000 points et retrouve ainsi ses niveaux de mai. L’indice parisien a reculé de près de 8% depuis son record du 7 août et affiche la plus mauvaise performance en Europe en 2026, avec une baisse de 1%, contre une progression de 7,3% pour le Stoxx Europe 600 (SXXP). A l’approche de l’élection présidentielle de 2027, les incertitudes politiques françaises préoccupent de plus en plus les investisseurs. En un mois, le taux à 10 ans a ainsi augmenté de 43 points de base, soit la hausse la plus importante parmi les grandes économies. En Allemagne ce n’est guère mieux, la CDU du chancelier Friedrich Merz essuie une défaite historique en Mecklembourg Poméranie occidentale, où elle ne recueille que 4,9% des voix, son plus mauvais résultat depuis 1949, et n’atteint même pas le seuil requis pour entrer au Parlement régional. Après sa récente victoire en Saxe Anhalt, l’AfD arrive une nouvelle fois en tête avec 38,3%, devant le SPD à 35,4%. Friedrich Merz affirme qu’il restera en fonction, mais son autorité ressort nettement affaiblie. Pour les marchés, ce revers accroît l’incertitude politique et remet en question le scénario d’une Allemagne capable de relancer fortement ses dépenses publiques afin de soutenir ses entreprises et l’économie européenne. La fragilisation simultanée de la France et de l’Allemagne, les deux principales économies de la zone euro, constitue un signal préoccupant pour l’ensemble du bloc.

Tiens! on m’annonce dans l’oreillette que Moody’s relève de stable à positive la perspective de la Grèce, dont la note reste à Baa3, au premier échelon de la catégorie investissement. L’agence salue la solidité des finances publiques, les excédents budgétaires, la baisse rapide de la dette, les réformes et l’assainissement des banques. Cette décision ouvre la voie à un possible relèvement à Baa2 et soutient les obligations grecques, même si l’endettement du pays reste très élevé. Le rendement du 10 ans Grèce à 4,23% ce matin.

Retour à Wall Street où la fin de semaine écoulée se passe dans des volumes d’échanges en forte hausse, normal on est le troisième vendredi du mois, c’est l’échéance des options. La configuration technique des principaux indices s’améliore, le S&P500 (SPX) défend sa moyenne mobile à 50 jours avec succès, son podium du jour se compose de la tech, des industrielles et des financières, le breadth est en revanche nettement négatif, ce qui est confirmé par le S&P500 équipondéré (SPW) qui recule de 0,48% contre +0,17% au SPX. La performance du jour est donc une fois encore sponsorisée par les mastodontes de la tech, le Nasdaq100 (NDX) en profite pour s’éloigner par le haut de ses 50 et 100 jours, pendant que le SOX (Semi-conducteurs) récupère sa 50 jours et regarde désormais sa 100 jours à 12170 points contre une clôture vendredi soir à 11921 pts. Le VIX est parti en retraite au château de la Belle au Bois Dormant, il recule de 4% vendredi pour clôturer à 14,81, c’est vraiment très calme…

…Tout comme sur le front des monnaies, où le dollar et l’euro évoluent à 1,1474, hormis le niveau de 1,1400 on ne voit pas bien ce qui pourrait techniquement ralentir le billet vert. L’or recule à 4355 dollars l’once, pénalisé par l’amélioration de l’appétit pour le risque, qui réduit légèrement la demande de valeurs refuges. Le métal précieux conserve une configuration technique favorable, il traite au-dessus de ses 100 et 50 jours et regarde sa 200 jours qui évolue actuellement à 4542 dollars.

Sans surprise, la Fed a relevé la semaine passée ses taux de 25 points de base. Une première depuis 2023. Mais ce n’est manifestement que le début d’une phase de resserrement monétaire. Les commentaires de Kevin Warsh, indiquant que la Fed avait «enlevé une dose d’accommodation», signalent au marché que la Réserve fédérale a encore du travail. Les investisseurs attendent désormais trois hausses de taux supplémentaires d’ici fin 2027. Les prises de parole de plusieurs responsables cette semaine permettront de savoir s’ils valident ces anticipations plus restrictives. Le discours de John Williams (qui connait la musique) demain sera particulièrement suivi en raison de son influence au sein de la Fed, tandis qu’Austan Goolsbee pourrait indiquer si les inquiétudes augmentent concernant les effets négatifs des taux élevés sur la croissance et l’emploi.

Au menu macro-économique de ce lundi, aux Etats-Unis, Austan Goolsbee de la Fed prendra la parole à 12h30, avant la publication à 14h30 de l’indice d’activité nationale de la Fed de Chicago.

Volkswagen abaisse ses prévisions de bénéfices et n’attend plus qu’un résultat légèrement positif cette année, notamment en raison de ses difficultés en Chine. Les actionnaires de Novo Nordisk réclament de nouveaux médicaments et des acquisitions, tandis que le directeur général d’UBS, Sergio Ermotti, alerte contre des exigences de fonds propres excessives. Amazon prend une option sur des actions existantes de Kuehne + Nagel, Moody’s maintient les notes de HSBC tout en relevant sa perspective à positive et le Cosentyx de Novartis reçoit un avis favorable de l’EMA pour traiter la pseudo polyarthrite rhizomélique. Porsche pourrait supprimer 4’000 postes supplémentaires, Stellantis doit reprendre ses négociations avec Unifor et Moody’s confirme la note Baa1 d’Adecco mais abaisse sa perspective à négative. Meta accélère dans les abonnements payants et conteste l’Online Safety Act britannique, alors que la dette de 18 milliards de dollars levée par Oracle pour ses centres de données est sous pression. La NASA envisage de confier au moins dix nouvelles missions au Starliner de Boeing, tandis que Toyota, General Motors et Ford demandent à Donald Trump de maintenir l’exclusion des constructeurs chinois du marché américain. Par ailleurs, SoftBank lance une émission obligataire de 11 milliards de dollars pour financer son investissement dans OpenAI et Toyota prévoit de produire en Chine des véhicules électriques à autonomie étendue dès 2027.

Cette nuit et ce matin en Asie les indices traitent en hausse. Tokyo est fermée, Hong Kong progresse de 0,84%, Shanghai avance de 0,94%, Séoul prend 1,65% et le Nifty50 gagne 0,3%. Les futures SPX et NDX montent de 0,5% respectivement de 0,7% pendant que l’Europe gagne près de 1% dans les premiers échanges.

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