La Bourse de New York évolue en baisse mardi, crispée par l’envolée des taux obligataires à des niveaux inédits depuis 19 ans, sur fond d’attentisme à la veille de la décision de la Réserve fédérale (Fed).
Vers 14H05 GMT, le Dow Jones reculait de 0,73%, l’indice Nasdaq perdait 0,30% et l’indice élargi S&P 500 lâchait 0,23%.
«La conjonction de la hausse des prix de l’énergie et de celle des taux obligataires constitue, sans aucun doute, un frein pour le marché boursier», a résumé auprès de l’AFP Art Hogan, analyste chez B. Riley Wealth Management.
Les cours du pétrole poursuivent leur ascension en raison des tensions persistantes au Moyen-Orient. Le prix du baril de Brent - référence internationale - évolue autour des 107 dollars, alimentant les inquiétudes sur la montée de l’inflation.
Dans ce contexte, le rendement de l’emprunt américain à échéance dix ans s’établit à 5%, après avoir atteint plus tôt 5,03%, un niveau inédit depuis juillet 2007 et le début de la crise des prêts immobiliers «subprimes».
L’envolée des taux est également alimentée par l’ampleur de la dette fédérale (au?delà de 40.000 milliards de dollars) ainsi que par la hausse des émissions obligataires des entreprises liées à l’intelligence artificielle (IA).
«Le problème, c’est que plus les rendements montent, plus ils freinent l’activité économique «, a souligné Art Hogan, les taux obligataires servant de référence à ceux des prêts immobiliers comme à ceux des crédits à la consommation.
Lorsqu’ils grimpent, ils pèsent aussi sur les entreprises, qui réduisent leurs investissements et embauchent moins, d’où l’inquiétude de Wall Street.
Face à cette situation, les marchés attendent avec impatience la décision de la banque centrale américaine jeudi sur ses taux d’intérêt.
Ils anticipent dans leur grande majorité une hausse des taux, qui serait la première depuis juillet 2023, malgré les pressions de Donald Trump pour assouplir la politique monétaire de la Fed.
«Un statu quo serait évidemment un choc (...), mais l’on peut également s’interroger sur la manière dont la Fed présentera ses perspectives de politique monétaire» pour les mois à venir, estiment les analystes de Scotiabank.
Côté entreprises, les géants des semi-conducteurs et des puces électroniques - indispensables pour construire les centres de données où sont entraînés les modèles d’IA - reprenaient des couleurs après une forte chute la veille, profitant d’achats à bon compte.
Ces valeurs ont pâti lundi des appels lancés par plusieurs figures du secteur technologique à freiner le rythme de développement de l’IA, invoquant des risques pour la sécurité.
Nvidia, plus grande capitalisation mondiale, évoluait dans le vert (+1,20%), de même que Micron (+1,25%), AMD (+3,32%) ou Intel (+2,88%).
«On observe également un léger recul dans le secteur des logiciels, qui était en hausse hier» (lundi), a remarqué Art Hogan. Palantir perdait 0,31%, tandis que Cloudflare lâchait 1,43%, alors que leur modèle économique est mis à mal par le développement de l’IA.
Les titres associés au secteur des cryptomonnaies pâtissaient de la baisse du bitcoin, à l’image des plateformes d’échange Coinbase (-6,36%) et Robinhood (-3,30%) ou du «mineur» (créateur de monnaie numérique) Riot Platforms (-3,44%).
Un projet de loi d’encadrement des devises numériques aux Etats-Unis, le CLARITY Act, doit être examiné au Sénat américain mardi.