BCE: le facteur temps devient déterminant

Nadia Gharbi, Pictet Wealth Management

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Plus les prix du pétrole et du gaz resteront élevés, plus le risque d’effets de second tour sur l’inflation augmentera.

Nous nous attendons à ce que la Banque centrale européenne (BCE) relève ses taux directeurs de 25 points de base lors de sa réunion de jeudi. Cette décision est déjà pleinement intégrée par les marchés et a été clairement signalée par les responsables de l’institution.

L’attention se concentrera donc sur les nouvelles projections macroéconomiques des équipes de la BCE ainsi que sur l’évaluation des perspectives de politique monétaire que présentera Christine Lagarde lors de sa conférence de presse.

Malgré les données récemment publiées et la volatilité des prix des matières premières, nous ne nous attendons pas à des changements significatifs par rapport aux projections de juin. La croissance a légèrement surpris à la hausse et l’inflation légèrement à la baisse, mais l’évolution globale des données reste largement conforme au scénario central de la BCE. Nous anticipons également la présentation de scénarios alternatifs, comme cela avait déjà été le cas précédemment. 

Sur le plan de la communication, nous pensons que le discours officiel restera globalement inchangé. Le Conseil des gouverneurs devrait réaffirmer que cette décision lui permet de rester «bien positionné pour faire face à l’incertitude provoquée par le conflit» et qu’il continuera à adopter une approche «dépendante des données et réunion par réunion».

Lors de la conférence de presse, Christine Lagarde devrait conserver un ton résolument ferme, notamment au regard des récentes évolutions sur les marchés de l’énergie. Plus les prix du pétrole et du gaz resteront élevés, plus le risque d’effets de second tour sur l’inflation augmentera.

Néanmoins, alors que le taux directeur se situe désormais dans la partie haute de la fourchette estimée comme neutre par les équipes de la BCE (2,5%), Christine Lagarde pourrait souligner que toute nouvelle hausse des taux fera l’objet d’une évaluation attentive de la part du Conseil des gouverneurs. Un tel message constituerait un signal plus accommodant.

Les risques entourant notre scénario de taux penchent vers une troisième hausse en décembre. Plus les perturbations dans le détroit d’Ormuz maintiendront les prix de l’énergie à des niveaux élevés, plus la probabilité d’un relèvement supplémentaire de 25 points de base en décembre 2026 augmentera. Toutefois, ce scénario ne constitue pas, à ce stade, notre hypothèse centrale.

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