Les marchés mondiaux évoluent prudemment vendredi, tiraillés entre un rapport sur l’emploi américain meilleur qu’attendu, qui laisse à la Réserve fédérale (Fed) plus de latitude pour relever ses taux d’intérêt, et l’accalmie sur les prix de l’énergie.
A New York, vers 15h50 GMT, le Dow Jones cédait 0,56%, l’indice élargi S&P 500 reculait de 0,42% et l’indice Nasdaq perdait 0,44%.
Le chômage est resté bas le mois dernier aux Etats-Unis, à 4,1%, tandis que les embauches ont rebondi avec 162'000 créations nettes d’emplois, le triple de ce qu’attendaient les marchés, selon des données officielles publiées vendredi.
Les investisseurs envisageaient autour de 50.000 créations d’emplois sur la période, d’après le consensus publié par MarketWatch. Les chiffres ont ainsi «largement surpris à la hausse», commente Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions.
L’attention des marchés se tourne désormais vers la publication la semaine prochaine de l’indice des prix à la consommation (CPI) pour août aux Etats-Unis.
A moins que l’inflation «ne recule significativement la semaine prochaine, la Fed va très probablement relever ses taux en septembre», estime Christophe Boucher.
Les commentaires de Christopher Waller, un membre influent de la Fed, avaient pourtant jeudi «apaisé ce scénario plus restrictif» de la politique monétaire de l’institution, explique à l’AFP Isabelle de Gavoty, responsable de gestion actions Europe chez AllianzGI.
«S’il y a des progrès continus vers notre objectif de 2% (d’inflation, ndlr), je suis alors prêt à soutenir le maintien du taux directeur à son niveau actuel», avait-il déclaré lors d’un événement organisé par Reuters. «Mais si l’inflation ressort élevée, j’envisagerai une hausse des taux».
Dans ce contexte, vers 15h50 GMT, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain évoluait à près de 4,77%, comme la veille à la clôture, contre 4,75% avant la publication du rapport du ministère du Travail.
Francfort se démarque
En Europe, la Bourse de Londres a terminé à l’équilibre (0,00%), tout comme Zurich (+0,01%). Paris (-0,09%) et Milan (-0,28%) ont cédé du terrain.
Seule la Bourse de Francfort a résisté (+0,17%), presque toute l’attention se portant sur l’action du premier constructeur automobile allemand, Volkswagen (+6,47%), après que le conseil de surveillance a approuvé les plans de réduction des coûts passant par des suppressions d’emplois.
Le groupe automobile prévoit de supprimer 50'000 postes supplémentaires d’ici à 2030. Cette cure d’austérité vise à remettre Volkswagen sur les rails et à renforcer sa compétitivité internationale.
Les actions des autres constructeurs automobiles ont également profité de cet effet d’entraînement, Mercedes-Benz prenant 1,17% et BMW +1,68%. A Paris, Renault a gagné 1,01% et Stellantis 1,59%.
Les aciéristes aussi ont été recherchés, Thyssenkrupp gagnant 6,51% et Salzgitter +5,78% à Francfort.
Le pétrole sous surveillance
«Désormais, tout dépend de la question de savoir si le marché considère qu’une hausse des taux de la Fed est quasiment certaine», estime Fawad Razaqzada, analyste de marché, pour Forex.com.
«Dans une certaine mesure, beaucoup dépendra également du prix du pétrole, qui s’est affaibli» sur la séance, «mais qui avait progressé au cours des derniers jours», poursuit-il.
Vers 15h50 GMT, les cours du brut refluaient légèrement, le baril de Brent de la mer du Nord perdant 0,10% à 95,42 dollars et son équivalent américain, le WTI, cédant 0,61% à 90,74 dollars.
Les cours s’affichent en petite baisse alors que «les attaques entre les États-Unis et l’Iran semblent avoir pris fin -- pour l’instant -- et que le trafic via le détroit d’Ormuz reprend de la vitesse», soulignent les analystes de DNB.
Ils estiment que les flux de pétrole via Ormuz s’élèvent à environ 10 millions de barils par jours, «leur niveau le plus élevé depuis la mi-juillet».
Donald Trump a quant à lui partagé jeudi sur son réseau Truth Social un graphique faisant état de 18 millions de barils quotidiens, selon lui proche du chiffre de 20 millions d’avant la guerre. Des chiffres largement surestimés selon les analystes.