Les données sur l’emploi aux Etats-Unis publiées vendredi montrent qu’il n’y pas péril en demeure, faisant des hausses de prix le principal souci des Américains à deux mois des prochaines élections.
Le chômage est resté inchangé dans la première économie mondiale en août (à 4,1%), ce qui est généralement considéré comme une situation de plein-emploi.
En parallèle, les embauches ont rebondi avec 162'000 créations nettes d’emplois, le triple de ce qu’attendaient les marchés.
Le nombre d’emplois créés lors des mois de juin et juillet a par ailleurs été révisé à la hausse par le service statistique du ministère américain du Travail.
Le rapport est «bien bien meilleur que ce que à quoi je m’attendais», a déclaré le conseiller économique du président Trump Kevin Hassett sur la chaîne économique CNBC.
C’est d’après lui la démonstration que les politiques gouvernementales portent leurs fruits.
Une mauvaise nouvelle est néanmoins aussi tombée vendredi: le diesel, carburant des poids lourds et tracteurs aux Etats-Unis, a atteint un niveau record à 5,85 dollars (5 euros) le gallon (3,8 litres), selon les relevés de l’association automobile américaine.
Cela signifie mécaniquement une hausse des coûts de production et de transport, et augure des répercussions jusqu’aux consommateurs américains.
Les prix de l’énergie ont bondi depuis le déclenchement par les Etats-Unis d’une guerre contre l’Iran, Téhéran ayant notamment riposté en bloquant le détroit d’Ormuz, axe maritime majeur pour le transport d’hydrocarbures.
Dans les stations-service américaines, l’essence ordinaire est aussi repartie à la hausse, à 4,15 dollars le gallon en moyenne. Cela reste néanmoins inférieur au record pour cette catégorie (5,05 dollars), qui avait également été touché en 2022, selon l’association.
La guerre au Moyen-Orient, impopulaire aux Etats-Unis, a mis sous pression l’exécutif américain avant les élections de mi-mandat (ou «midterms») programmées le 3 novembre.
Le président républicain avait fait de l’amélioration du pouvoir d’achat une de ses priorités lors de sa campagne victorieuse de 2024.
L’enjeu des taux américains
Les marchés financiers ont accueilli le rapport avec une pointe d’amertume: ils savent que si l’emploi va bien, la Réserve fédérale (Fed) va se focaliser sur la lutte contre l’inflation.
Les données de référence aux Etats-Unis font état d’une hausse des prix de 3,4% (indice CPI) à 3,7% (PCE) sur un an en juillet. Le CPI pour août sera connu dans une semaine.
La banque centrale n’a plus touché à ses taux - qui guident les coûts d’emprunt et influent sur la marche de l’économie - depuis décembre 2025.
Mais trois des douze votants se sont prononcés en faveur d’une hausse en juillet, jugeant que cela faisait bien trop longtemps que l’inflation était supérieure à leur objectif de 2%.
D’autres responsables ont depuis fait savoir qu’ils étaient prêts à voter pour un resserrement monétaire dès leur prochaine assemblée, mi-septembre, si les hausses de prix ne se calment pas.
Ce serait un scénario catastrophe pour Donald Trump, qui réclame sans relâche des taux plus bas pour stimuler l’activité et le marché immobilier.
Il s’est d’ailleurs fendu d’un message menaçant sur sa plateforme Truth Social après la publication des chiffres de l’emploi.
«Baissez les taux ou j'arrêterai d'échanger avec les pays avec lequel on a un déficit» commercial, a écrit le chef de l’Etat.
«Le conseil de la Fed, avec son nouveau grand dirigeant, doit faire preuve de bon sens: soyez patriotes pour une fois», a ajouté M. Trump, qui a récemment propulsé Kevin Warsh à la tête de l’institution.