Le yen relâche vendredi une partie de ses gains engrangés ces deux derniers jours, tandis que le dollar fait du surplace avant le chiffre de l’emploi américain en août, particulièrement attendu.
La devise japonaise s’est brusquement emballée mercredi et a continué sa course jeudi, soulevant des suspicions d’intervention du Japon. Bien qu’elle ait depuis un peu reflué, elle a progressé d’environ 2,3% face au dollar depuis la clôture de mardi.
«Les dernières données des comptes de la Banque du Japon (BoJ) n’ont montré aucun signe évident que Tokyo ait lourdement influencé le marché» des changes par une intervention massive, souligne Stephen Innes, analyste chez Quintex Intel.
Fin juillet, le Japon et les Etats-Unis avaient conjointement agi pour soutenir la monnaie nationale, qui se négociait à des plus bas en quatre décennies.
Mais «le yen n’est pas simplement tiré vers le haut par la menace d’une nouvelle intervention», selon M. Innes; il «bénéficie enfin d’un vent fondamental favorable» car «les marchés penchent de plus en plus pour une hausse (des taux directeurs, ndlr) de 0,25 point de pourcentage ce mois-ci».
Les récentes prises de parole de deux responsables monétaires japonais dont le gouverneur de la BoJ, Kazuo Ueda, ont en effet semblé pointer dans cette direction.
Vers 11h50 heure de Paris, la monnaie nippone relâchait 0,45% par rapport au billet vert à 156,52 yens pour un dollar.
De son côté, la devise américaine stagnait, prenant à peine 0,06% à la monnaie unique européenne, à 1,1619 dollar pour un euro.
Le rapport sur l’emploi en août aux Etats-Unis, escompté plus tard dans la séance, devrait révéler un taux de chômage stable à 4,1%, et des effectifs salariés en hausse de 53'000, si l’on se fie aux analystes sondés par Marketwatch.
«Un nouveau chiffre négatif sur l’emploi aujourd’hui rendrait un peu plus délicate l’optique d’une hausse de taux de la Réserve fédérale (Fed) plus tard ce mois-ci - mais l’impact durable pour les marchés financiers devrait davantage venir de l’inflation», estime Chris Turner, analyste chez ING.
Jeudi, des propos d’un membre influent de la Fed avaient déjà contribué à plomber le dollar.
«S’il y a des progrès continus vers notre objectif de 2% (d’inflation, ndlr), je suis alors prêt à soutenir le maintien du taux directeur à son niveau actuel», a déclaré Christopher Waller. «Mais si l’inflation ressort élevée, j’envisagerai une hausse des taux».
Les probabilités d’une hausse de taux, qui avoisinaient les 65% mercredi, ont brusquement chuté à environ 50% dans la foulée, d’après l’outil du Chicago Mercantile Exchange, FedWatch.