Le yen montait mercredi, grâce aux remarques de responsables de la Banque du Japon (BoJ) renforçant les anticipations d’une nouvelle hausse des taux japonais. Le dollar patientait avant la publication de davantage de données sur l’emploi américain.
Alors qu’au Japon, «le taux d’inflation sous-jacent se rapproche de 2%, nous en sommes venus à considérer que nous devons accorder davantage d’attention qu’auparavant aux risques de hausse (des prix, NDLR) dans la conduite de notre politique», a indiqué à des journalistes le gouverneur de la BoJ, Kazuo Ueda, en marge du G20 Finance cette semaine à Asheville, aux Etats-Unis, a rapporté le Japan Times. «Ces commentaires constituent le signal le plus clair à ce jour que la BoJ se prépare à relever de nouveau ses taux ce mois-ci», à l’issue de sa prochaine réunion des 17 et 18 septembre, a estimé Lee Hardman, analyste chez MUFG.
Mercredi, un membre du conseil de la BoJ, Hajime Takata, a aussi plaidé pour une hausse rapide des taux, selon le quotidien Mainichi. La ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, avait pourtant déclaré plus tôt cette semaine qu’elle n’avait pas évoqué une potentielle hausse des taux d’intérêt nippons avec le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, après leur intervention conjointe historique de juillet destinée à soutenir la devise japonaise, qui évoluait à l’époque à son plus bas niveau depuis quatre décennies.
«La récente réévaluation à la hausse des anticipations de relèvement des taux de la BoJ constitue un facteur de soutien pour le yen, mais elle n’a pas encore suffi à inverser la tendance d’affaiblissement de la devise», «plombée par le choc des prix de l’énergie», a souligné M. Hardman. Le Japon est en effet particulièrement dépendant des importations énergétiques du Moyen-Orient, toujours en guerre.
Vers 11h25, la monnaie japonaise prenait 0,22% par rapport au billet vert, à 159,81 yens pour un dollar. La devise américaine stagnait elle face aux principales devises, grappillant par exemple 0,15% à la monnaie unique européenne, à 1,1575 dollar pour un euro, et 0,11% à la livre britannique.
Les investisseurs patientent avant la parution du rapport mensuel d’ADP et Stanford Lab sur les créations d’emplois dans le secteur privé pour août aux Etats-Unis, attendu plus tard dans la séance. Mais si on s’en tient au discours du président de la Réserve fédérale (Fed) Kevin Warsh vendredi, «même des données faibles sur le marché du travail pourraient ne pas suffire à empêcher la Fed de relever ses taux» en septembre, a relevé Chris Turner, analyste chez ING.