Des marchés concentrés porteurs de risques
Les marchés actions mondiaux sont actuellement fortement concentrés autour des États-Unis et, en particulier, des grandes valeurs technologiques. Les USA représentent désormais 67% de l’indice mondial, alors qu’ils ne comptent que pour 25% du PIB mondial.
Les stratégies passives ont délivré des rendements satisfaisants durant cette période, mais investir dans l’indice aujourd’hui revient à prendre un pari significatif sur une seule poche du marché. L’histoire nous enseigne qu’une telle concentration peut conduire à de mauvais résultats lorsqu’elle se résorbe.
Dans les années 80, le Japon représentait jusqu’à 45% du marché actions mondial à son apogée, pour seulement 20% du PIB mondial. Cette concentration s’est ensuite dénouée, pénalisant lourdement les investisseurs exposés aux actions japonaises lorsque leur poids dans l’indice est tombé à 5%. Sans prédire que les USA suivront cette trajectoire, nos portefeuilles actions mondiales à rendements offrent dans ce contexte des expositions plus diversifiées.
Se prémunir contre les replis
L’engouement pour l’IA resserre le leadership du marché autour des valeurs qui y sont ainsi qu’aux semi-conducteurs et aux mémoires. Dans ce contexte, des pertes peuvent être subies de deux manières: par la détérioration des fondamentaux ou en surpayant des titres dont les multiples se contractent malgré des fondamentaux intacts. Il existe ainsi un risque que, malgré des fondamentaux solides et des hyperscalers qui continuent d’investir, les multiples deviennent excessifs et qu’un choc de confiance important entraîne une chute des cours.
L’impact de tels replis peut être significatif sur le long terme. Ils détruisent le pouvoir des rendements composés: une perte de 50% requiert un gain de 100% pour retrouver le niveau initial. Des reculs plus marqués augmentent par ailleurs la probabilité de cessions au mauvais moment, tandis que des rendements plus réguliers incitent à se positionner dans la durée et bénéficier des vertus des intérêts composés.
Défensivité, diversification et dividendes
Nous concevons nos portefeuilles actions mondiales à rendements dans le but de limiter les replis par rapport au marché global. Nous construisons la défensivité bottom-up, plutôt que par de larges allocations top-down vers des secteurs défensifs traditionnels tels que les biens de consommation de base, les services aux collectivités ou la pharma. Des secteurs qui peuvent exposer à des pertes significatives en cas de chocs politiques ou sectoriels, comme l’ont illustré récemment les pharma US.
Nous cherchons au contraire à construire la défensivité au niveau de chaque entreprise, principalement par le biais de notre stock-picking. Nous conduisons une due diligence approfondie sur les risques et opportunités sous l’angle du business model, de la valorisation et des données financières. La faible volatilité est un résultat du processus, non un paramètre d’entrée.
Nos deux principales pondérations sectorielles – l’industrie et la finance – ne sont a priori pas synonymes d’investissement défensif, mais certaines caractéristiques le deviennent à l’examen. Nous détenons ainsi des opérateurs d’infrastructures de transport de haute qualité et des opérateurs de places boursières, qui bénéficient souvent des pics de volatilité. Dans le secteur de l’assurance, nous privilégions les segments moins sensibles aux cycles: les assureurs automobile et sociétés de réassurance.
D’un point de vue géographique, notre exposition aux valeurs cotées américaines est relativement faible par rapport au marché, tout en conservant une exposition équilibrée, dans la mesure où bon nombre de nos participations non américaines sont des leaders mondiaux réalisant naturellement des ventes aux USA.
La plupart des grandes valeurs tech américaines ne seraient par ailleurs pas éligibles à nos portefeuilles. Leurs flux de trésorerie futurs sont trop incertains car ils sont souvent liés à des produits dont la pleine réalisation peut prendre des années. Cette large gamme de résultats possibles rend difficile la détermination d’une juste valeur. De plus, la plupart ne satisfont pas à nos exigences en matière de dividendes.
Les dividendes constituent un socle fiable de rendement total sur l’ensemble du cycle et offrent une visibilité bienvenue en période d’incertitude. Leur rendement n’a jamais été négatif et cette composante est plus prévisible que des éléments plus volatils comme les bénéfices et les valorisations. Une discipline axée sur les dividendes s’aligne naturellement sur des entreprises résilientes, génératrices de trésorerie et bien gouvernées.
Actions de rendement: la défense dans un marché concentré
Alors que les marchés actions mondiaux se concentrent toujours plus autour des USA et des grandes valeurs tech, nous estimons qu’une approche actions mondiales à rendements – centrée sur un portefeuille diversifié d’entreprises durables versant des dividendes – est bien positionnée pour offrir de la résilience, tirer parti d’opportunités délaissées et générer des rendements totaux attractifs.