Les marchés européens prudents face à la remontée des prix du pétrole

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Paris (+0,13%) et Francfort (+0,02%) terminent en petite hausse. Londres (-0,35%) et Milan (-0,10%) cèdent légèrement du terrain. A Zurich, le SMI gagne 0,61%.

Les Bourses mondiales évoluent avec prudence lundi, partagées entre l’espoir d’un apaisement des tensions au Moyen-Orient et la remontée des cours du pétrole, en attendant les prochains chiffres de l’inflation américaine.

A New York, vers 16h00 GMT, l’indice Dow Jones cédait 0,09%, l’indice Nasdaq perdait 0,23% et le S&P 500 restait à l’équilibre (+0,03%).

En Europe, les Bourses de Paris (+0,13%) et Francfort (+0,02%) ont terminé en petite hausse, battant leurs records en clôture à 8.726,03 points pour le CAC 40 et 26.323,88 points pour le Dax. Londres (-0,35%) et Milan (-0,10%) ont légèrement cédé du terrain. A Zurich, le SMI a gagné 0,61%.

«Les actions mondiales entament la semaine à proximité de niveaux records, soutenues par des données plus faibles qu’attendu sur le marché du travail américain, qui ont réduit les craintes d’une hausse imminente des taux de la Fed», la Réserve fédérale américaine, commente Patrick Munnelly, de Tickmill Group.

Mais pour l’analyste, «le soulagement reste incomplet», les prix du brut remontant lundi.

Les marchés attendent toujours un accord pour un retour à la normale dans le détroit d’Ormuz, voie de transit de 20% de la production mondiale de pétrole.

Enjeu majeur de la guerre au Moyen-Orient, le détroit restera verrouillé tant que Washington n’acceptera pas «toutes» les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche les Gardiens de la Révolution, éloignant l’espoir d’un règlement rapide du conflit.

Minimisant ces exigences, le président Donald Trump a déclaré dans une interview au média Axios que les États-Unis restaient «discrets» et se contentaient «d’observer l’Iran avec son inflation galopante», une économie en «très mauvais état» et le risque selon lui de ne plus pouvoir payer ses troupes.

«Le marché comprend progressivement que le détroit d’Ormuz pourrait ne pas revenir à son ancien mode de fonctionnement, même si les tirs cessent et que les diplomates continuent de négocier», explique Stephen Innes, gérant de SPI AM.

Vers 16h00 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence en Europe, remontait de 3,85% à 86,77 dollars le baril. Le WTI américain suivait la même tendance (+3,86% à 81,20 dollars).

«Chaque jour supplémentaire pendant lequel Ormuz reste sous contrainte maintient la pression sur le fret, les assurances, la logistique des exportations du Golfe et, plus largement, sur le marché pétrolier, tout en rappelant à Washington qu’il ne s’agit pas d’un conflit dans lequel un camp peut simplement déclarer la victoire», poursuit M. Innes.

Retour de l’intérêt pour l’IA

Au tableau des valeurs, les titres «de l’intelligence artificielle (IA) et des semi-conducteurs ont de nouveau suscité l’intérêt acheteur aujourd’hui et ont ainsi pu compenser les effets négatifs de la légère remontée des cours du pétrole», estime Andreas Lipkow de CMC Markets.

Au Dax de Francfort, Infineon a gagné 0,72% et Siemens Energy 0,69%. A Amsterdam, ASML a gagné 0,99%.

L’inflation dans le viseur

Les prochains jours seront chargés en données économiques avec comme point d’orgue l’indicateur d’inflation côté consommateurs (CPI) pour le mois de juillet aux Etats-Unis mercredi et son équivalent pour les producteurs (PPI) jeudi.

«Les prévisions consensuelles tablent sur un léger ralentissement» de l’inflation, «ce qui, si cela se confirme, renforcerait l’idée que la Fed peut se permettre de rester patiente», estime Daniela Hathorn, analyste pour Capital.com.

«Cela exercerait probablement une pression supplémentaire à la baisse sur les rendements des bons du Trésor américain et apporterait un soutien accru aux actifs risqués», poursuit-elle.

«Des taux plus bas que prévu rendent l’emprunt moins coûteux et soutiennent les valorisations» boursières, détaille Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote.

«C’est particulièrement vrai aujourd’hui pour les géants de la tech, dont les valorisations reposent sur leurs perspectives de revenus futurs et de plus en plus sur l’endettement», ajoute-t-elle.

En attendant, les bons du Trésor américain à échéance 10 ans affichaient un rendement à 4,69% vers 16h00 GMT, contre près de 4,65% vendredi à la clôture.

Les taux d’emprunt à dix ans des États remontaient légèrement en Europe également : près de 3,18% en Allemagne contre 3,13% vendredi, et 3,98% en France contre moins de 3,92% vendredi.

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