La croissance allemande a légèrement décéléré au deuxième trimestre mais a mieux résisté que prévu aux vents contraires liés à la guerre au Moyen-Orient, notamment grâce à une embellie de ses exportations d’après la Bundesbank.
Le produit intérieur brut (PIB) de la première économie européenne a progressé de 0,2% entre avril et juin, selon l’institut statistique Destatis, soit 0,1 point de pourcentage de plus que ce qu’attendait la plateforme financière Factset.
En outre, la croissance du premier trimestre a été révisée à la hausse par Destatis, de 0,3% à 0,4%.
La première économie européenne semble donc avoir mieux absorbé le choc énergétique provoqué par le conflit entre l’Iran et les Etats-Unis et la fermeture du détroit d’Ormuz, crucial pour le commerce d’hydrocarbures.
«C’est presque trop beau pour être vrai», commente Carsten Brzeski de la banque ING, qui relève néanmoins que «la taille de l’économie allemande reste inférieure à celle de fin 2022» malgré plusieurs trimestres consécutifs de croissance.
Reprise des hostilités
Les craintes quant à l’effet du conflit sur Berlin «se sont jusqu’à présent révélées infondées», assure Jens-Oliver Niklasch de la banque LBBW, qui souligne «des raisons d’être prudemment confiant».
Cependant, le deuxième trimestre s’est arrêté avant la reprise des hostilités au Moyen-Orient en juillet, ravivant la volatilité des prix de l’énergie et l’incertitude.
D’autant que le conflit s’est récemment étendu à la mer Rouge, avec les rebelles yéménites houthis pro-iraniens ciblant des pétroliers saoudiens et des infrastructures acheminant le pétrole.
Mercredi, la banque centrale allemande relevait dans une note que «la conjoncture industrielle est restée résiliente» en avril et en mai, portée par «une demande extérieure dynamique et des exportations en hausse».
Selon elle, la guerre a favorisé les exportateurs allemands face à leurs concurrents internationaux, surtout asiatiques, «plus fortement touchés par des pénuries de produits intermédiaires».
Flambée des prix de l’énergie
Quant aux consommateurs du pays, ils ont été «relativement peu impressionnés par la flambée des prix de l’énergie».
«Enfin, la politique budgétaire expansionniste soutient l’activité économique», notait la Bundesbank.
Après plusieurs années de surplace, l’économie allemande mise sur plusieurs centaines de milliards d’euros d’investissement dans la défense et les infrastructures pour se relancer.
Autre bonne nouvelle portée par Destatis: la performance économique du pays en 2024 a été bien meilleure qu’estimée.
Alors qu’une baisse de 0,5% du PIB était jusqu’ici indiquée cette année-là, celui-ci a en fait stagné, selon l’institut qui explique leur mise à jour par de nouvelles données disponibles des entreprises allemandes.
Mais comme il y a deux ans, l’industrie allemande reste aux prises avec des prix de l’énergie élevés, une baisse de la demande mondiale et une compétition asiatique de plus en plus féroce.