Le groupe pharmaceutique Roche a quelque peu freiné la cadence sur les six premiers mois de l’année au niveau des recettes et de la rentabilité, en raison notamment d’effets de changes négatifs. Les perspectives pour l’ensemble de l’année ont été confirmées. Les pertes de brevet devraient moins peser que prévu.
«Notre forte dynamique s’est poursuivie au premier semestre, soutenue par une hausse du chiffre d’affaires de 6% à taux de change constants ainsi que par des progrès significatifs dans notre portefeuille de produits», a indiqué le directeur général Thomas Schinecker, cité jeudi dans un communiqué.
«Grâce à notre solide portefeuille (de médicaments en développement) nous sommes en bonne position pour réaliser une croissance durable», a ajouté le patron.
Entre janvier et juin, le groupe bâlois a enregistré un chiffre d’affaires en baisse de 2% sur un an à 30,36 milliards de francs. Ajusté des effets de changes, qui ont pesé à hauteur de 2,26 milliards, les ventes ont par contre crû de 6%.
La division Pharma a vu ses recettes reculer de 1% à 23,63 milliards, mais a crû de 6% hors effets des devises, tirée notamment par les médicaments Ocrevus, Hemlibra, Vabysmo, Xolair et Phesgo. Ces cinq traitements ont dégagé au total des recettes de 11 milliards de francs.
Les ventes de médicaments avec des brevets expirés - Avastin, Herceptin, MabThera/Rituxan, Lucentis et Actemra/RoActemra - ont quant à elles chuté de 15%, ou de 8% hors effets des devises, à 2,6 milliards.
La division Diagnostics a vu ses ventes baisser de 3% à 6,74 milliards (+3% hors changes), malgré une croissance particulièrement importante en Amérique du Nord (+8%) et en Amérique latine (+10%).
Au niveau de la rentabilité, le résultat d’exploitation (Ebit) de base a reculé de 1% à 11,86 milliards, tandis que le bénéfice net a atteint 9,67 milliards, en baisse de 6% comparé aux six premiers mois de 2025.
Si les recettes sont conformes aux prévisions des analystes interrogés par l’agence AWP, l’Ebit de base les dépasse.
Impact des changes réduit à zéro
Le solide résultat opérationnel est principalement à mettre sur le compte d’une meilleure maîtrise des coûts, a souligné l’analyste Stefan Schneider, de Vontobel, dans un commentaire. «L’impact négatif de la réforme du système de santé chinois sur la division diagnostic semble s’atténuer et nous prévoyons que la croissance et la rentabilité sous-jacentes vont à nouveau se manifester de plus en plus clairement».
La direction a confirmé prévoir pour l’exercice en cours une croissance des ventes d’environ 5% hors effets de change, ainsi qu’un essor d’un peu moins de 10% du bénéfice par action de base. Les actionnaires devraient pouvoir compter sur une nouvelle augmentation de leur rémunération.
L’impact des devises, particulièrement fort en première partie d’année, devrait disparaître en seconde partie d’exercice.
Roche prévoit par ailleurs de réduire cette année l’impact financier des pertes d’exclusivité sur ses médicaments, avec un manque à gagner attendu de 600 millions de francs en 2026, après 700 millions l’exercice précédent. Jusqu’à présent, Roche tablait sur un impact d’environ 1 milliard cette année.
Pour faire face à l’expiration des brevets, Roche table sur le développement de 19 principes actifs inédits qui pourraient être lancés à partir de 2030, principalement dans l’oncologie et l’hématologie, mais aussi dans la neurologie avec des traitements contre les maladies d’Alzheimer et de Parkinson.