Givaudan a enregistré des ventes ainsi qu’un bénéfice en repli au premier semestre de l’année, en dépit d’une bonne performance du segment Parfums et Produits de beauté. Sa division Goût et Bien-être s’est avérée moins vigoureuse, notamment sur des marchés par le passé moteurs de croissance comme le Mexique.
De janvier à juin, le chiffre d’affaires de la multinationale s’est établi à 3,80 milliards de francs, soit une baisse sur un an de 1,7%. A taux de change équivalents, le groupe vernolian affiche cependant une progression de 3,6%, contre 6,5% à la même période un an plus tôt, a-t-il dévoilé jeudi dans un communiqué.
L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté est passé à 923 millions contre 973 millions un an plus tôt et la marge afférente est ressortie à 24,3%, contre 26,2% auparavant. Le bénéfice net a pour sa part chuté de 24,6% à 475 millions.
La société a fait savoir que la persistante du franc fort avait eu un impact sur ses performances commerciales, chiffrant les pertes dues aux effets de change à 255 millions, contre 147 millions à la même période en 2025.
Le Mexique «atone»
Le segment dédié à la parfumerie et aux produits de beauté se montre toujours porteur pour l’entreprise. Les recettes y ont globalement augmenté de 2,9% et de 6,5% à taux constants. Les ventes de parfums de luxe ont progressé de 7,3% en glissement annuel et les revenus de produits de consommation se sont eux enrobés de 9,2%.
La division «Goût et Bien-être», dédiée à l’alimentaire et aux boissons, a par contre davantage fait les frais d’un environnement macroéconomique «plus difficile», reconnaît le nouveau directeur général de l’entreprise Christian Stammkoetter. Ses recettes se sont délestées de 6,3% sur un an mais ont grapillé 0,5% à périmètre comparable, atteignant 1,8 milliard de francs.
Des régions comme l’Amérique du Nord et du Sud, moteur de la croissance jusqu’en 2024, ont ainsi enregistré un repli, lâchant chacune 1,5% à taux constants sur les six premiers mois de l’année.
Au Mexique, plus grand marché du groupe, le patron constate «une demande globalement plus atone». «Nous cherchons à étendre un peu nos atouts dans des catégories sur lesquelles nous nous sommes moins concentrés, comme les produits salés», a-t-il expliqué à AWP.
Pour l’ensemble des marchés, le CEO entend travailler «davantage sur les catégories à forte marge qui sont aujourd’hui en plein essor, telles les boissons fonctionnelles». Il se dit «très confiant» quant à un retour progressif à la croissance.
La pénurie d’engrais inquiète
En ce qui concerne le conflit au Moyen-Orient, celui qui a succédé à Gilles Andrier en mars dernier à la tête de Givaudan, avoue que, si jusqu’à maintenant l’approvisionnement en engrais en provenance de cette région a pu être garanti, «à long terme, l’effet d’une éventuelle pénurie sur les marchés émergents pourrait avoir un impact sur les rendements, en particulier dans l’agriculture et sur ces mêmes marchés émergents d’ici 2027». «Cela reste donc une source d’inquiétude», a-t-il ajouté.
Pour obtenir des ingrédients naturels issus des fleurs, fruits, plantes ou épices, la multinationale genevoise s’appuie sur une chaîne d’approvisionnement agricole où les engrais jouent un rôle central.
Malgré ces turbulences, la direction vise toujours une croissance moyenne de ses ventes à périmètre comparable de 4 à 6% et une croissance moyenne de son flux de trésorerie disponible ajusté supérieure à 12% sur cinq ans.
Alors que les analystes mettaient en avant l’amélioration des résultats de la société au deuxième trimestre, avec une progression de 2,0% et de 4,3% à taux de change constants, les investisseurs se montraient pour leur part peu convaincus par la performance: vers 11h45 à la Bourse suisse, le titre Givaudan chutait de 5,9% à 3184 francs, quand le SMI se repliait de 0,92%.