Sandoz et Lonza temporisent sur les nouveaux droits de douane américains

AWP

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Le géant bâlois des médicaments génériques estime qu’il est «encore trop tôt» pour évaluer les implications. Le fournisseur de l’industrie pharma se voit, lui, à l’abri de nouvelles charges fiscales.

Le géant des médicaments génériques Sandoz a indiqué mercredi avoir «pris note» des annonces de Washington sur de nouveaux droits de douane sur ce type de traitements, estimant qu’il était «encore trop tôt» pour en évaluer les implications. Lonza se voit, lui, à l’abri de nouvelles charges fiscales.

«A ce stade, il est trop tôt pour évaluer les implications potentielles, car des précisions supplémentaires sur la mise en oeuvre et la portée de cette mesure sont encore nécessaires», notamment sur la présence géographique du groupe et ses «décisions d’investissement futures», a précisé un porte-parole du groupe bâlois, interrogé par l’agence AWP.

Selon ce dernier, Sandoz va continuer «à suivre de près l’évolution de la situation et dialoguer de manière constructive avec les parties prenantes concernées», sans plus de précision.

Le fournisseur de l’industrie pharmaceutique Lonza se dit pour sa part quasiment pas concerné par ces nouveaux droits de douane. «Nous vendons, en règle générale, nos produits en sortie d’usine à nos clients, qui les importent eux-mêmes et paient les éventuels droits de douane», a souligné le directeur général Wolfgang Wienand, insistant que l’activité avec les génériques n’est stratégiquement pas importante pour le groupe bâlois.

Le président américain Donald Trump a annoncé mardi que les médicaments génériques seront soumis à des droits de douane de 100% à partir d’août 2028, une mesure qui vise selon lui à relocaliser la production des produits pharmaceutiques sur le territoire américain.

«A compter du 1er août 2026, tous les médicaments génériques importés aux Etats-Unis continueront de bénéficier de droits de douane de zéro pour cent pendant une période de deux ans, après quoi ces droits de douane seront portés à 100% pendant un an, puis 200% par la suite», a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social.

Les médicaments génériques étaient jusqu’à présent exclus des droits de douane américains sur les produits pharmaceutiques, annoncés en avril, qui peuvent atteindre jusqu’à 100%.

Hausse des coûts

Le président américain avait toutefois donné un an à son ministre du Commerce pour réévaluer la situation et recommander, le cas échéant, de nouvelles mesures sur leurs importations de génériques.

«Cette mesure vise à relocaliser la production de médicaments génériques aux Etats-Unis, en pénalisant les entreprises qui décideraient de ne pas construire d’usines et d’installations dans le délai qui leur est accordé», a précisé le président républicain dans son message.

Il a ajouté que les mesures déjà en vigueur concernant les autres médicaments resteraient «inchangées».

A la Bourse suisse, les deux titres étaient pénalisés par les investisseurs. L’action Lonza, qui a publié ce mercredi des résultats semestriels convaincants, chutait de 6,1% à 530,00 francs et celle de Sandoz de 4,8% à 63,36 francs, à contre-courant d’un indice vedette SMI en hausse de 0,13%.

Sandoz, premier fabricant mondial de médicaments génériques, ne dispose d’aucun site de production aux Etats-Unis et serait donc en principe concerné, explique la banque Vontobel. Le groupe rhénan réalise pas moins de 22% de son chiffre d’affaires en Amérique du Nord. Les analystes doutent toutefois que ces projets puissent être mis en oeuvre sous la forme annoncée. Un transfert de la production de génériques vers les Etats-Unis entraînerait une hausse significative des coûts de fabrication et, par conséquent, des prix des médicaments, ce qui ne saurait être dans l’intérêt du système de santé américain, commente l’établissement zurichois.

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