Le prix du baril de pétrole Brent est remonté mardi à 85 dollars pour la première fois depuis plus d’un mois, après une nouvelle salve de frappes américaines contre l’Iran, une escalade dans la reprise des hostilités qui pénalise aussi les Bourses d’Asie.
Le pétrole monte encore
Au lendemain d’une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuent leur ascension mardi alors que s’intensifie la reprise des affrontements au Moyen-Orient.
Vers 02h00 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain grimpait de 1,60% à 79,39 dollars.
Celui du baril de Brent de la mer du Nord gagnait 1,19% à 84,29 dollars - après avoir brièvement touché 85,62 dollars en début d’échanges asiatiques, au plus haut depuis la mi-juin.
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé dans un communiqué avoir commencé «à lancer une troisième nuit consécutive de frappes contre l’Iran», peu après 00H00 heure de Téhéran.
Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire du sud de l’Iran située sur le détroit d’Ormuz, a rapporté l’agence de presse Irna.
Les Emirats arabes unis ont par ailleurs fait état mardi d’attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers dans le détroit d’Ormuz, tuant un membre d’équipage. La veille, l’armée américaine avait annoncé rétablir le blocus des ports iraniens.
De quoi alimenter l’inquiétude sur la circulation dans ce passage stratégique, où transitait avant le conflit un cinquième du brut mondial.
«L’hypothèse longtemps admise par le marché d’une normalisation progressive des flux est désormais remise en question. Ceci interroge également l’idée d’une reconstitution des stocks au cours du second semestre», commente Chris Weston, du courtier Pepperstone.
«A l’approche de l’expiration du protocole d’accord Iran/Etats-Unis conclu mi-août, chaque jour supplémentaire de frappes militaires bilatérales oblige les marchés à réévaluer les probabilités, engendrant une volatilité accrue», note-t-il.
«Plutôt que de considérer le détroit d’Ormuz comme étant simplement ouvert ou fermé, les investisseurs le perçoivent de plus en plus comme un continuum de perturbations, où les volumes de transport maritime, les coûts d’assurance et les risques opérationnels peuvent fluctuer», abonde Daniela Hathorn, analyste de Capital.com.
«Les marchés ont peut-être fait preuve d’un excès de confiance en anticipant une normalisation sans heurts des tensions au Moyen-Orient (...) le processus (de retour à la normale) pourrait s’avérer plus irrégulier que prévu, rendant les prix du brut sensibles aux nouvelles à venir», insiste-t-elle.
Bourses sous pression
Vers 02h00 GMT à la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei lâchait 0,31% à 67.030 points, et l’indice élargi Topix progressait en revanche de 0,19% à 4.016 points.
La Bourse de Séoul continuait de s’enfoncer, au lendemain d’une dégringolade massive de 9%: l’indice Kospi reculait encore de 1,34% à 6.715 points.
Il était toujours plombé par le repli des titres des champions des puces mémoires Samsung Electronics et SK hynix, victime du coup de froid sur les valeurs liées à l’IA, les investisseurs s’interrogeant sur leur capacité à maintenir leur prodigieuse croissance.
Et désormais, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient - accompagnées du renchérissement des prix de l’énergie - viennent encore assombrir la conjoncture dans une Asie très dépendante de ses importations d’hydrocarbures.
«La situation (des cours pétroliers) risque de peser sur l’ensemble du marché boursier, notamment sur des secteurs comme le transport aérien et les équipements de transport, où la hausse des coûts du carburant est une source d’inquiétude», notent les experts de Tokai Tokyo Intelligence.
Le yen stable, le marché attend l’inflation américaine
La monnaie japonaise se stabilisait vers 02H00 GMT à 162,36 yens pour un dollar.
Le billet vert profite de la nouvelle flambée des prix du pétrole, libellés en dollars.
Mais les cambistes jaugent aussi la possibilité d’une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine dès sa prochaine réunion de politique monétaire, à la fin du mois.
Dans ce contexte, la publication mardi de l’indice des prix à la consommation (CPI) de juin aux Etats-Unis sera particulièrement scrutée.