L’investissement étranger repart à la hausse après 2 ans de recul, selon l’ONU

AWP

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«Ces chiffres montrent un rebond qui ne se traduit pas de manière uniforme en opportunités de développement», prévient la Cnuced, indiquant qu’une «grande partie de cette hausse reflète un petit nombre de mégaprojets».

L’investissement direct étranger (IDE) a rebondi de 6% en 2025 au niveau mondial après deux années de recul, mais cette reprise demeure «limitée, fragile et inégale», a rapporté mardi l’ONU Commerce et Développement (Cnuced).

Cette hausse de l’IDE, qui a atteint 1600 milliards de dollars, masque une concentration des investissements avec 20 principales économies bénéficiaires qui ont attiré plus de 80% de l’IDE mondial, souligne l’agence onusienne dans son rapport annuel.

«Ces chiffres montrent un rebond qui ne se traduit pas de manière uniforme en opportunités de développement», prévient aussi la Cnuced, indiquant qu’une «grande partie de cette hausse reflète un petit nombre de mégaprojets».

«La croissance de la valeur des projets a été principalement portée par les centres de données, suivis par les secteurs du pétrole et du gaz et des semi-conducteurs», ajoute l’organisation, précisant que «la plupart des autres secteurs ont enregistré des baisses», comme ceux des énergies renouvelables, des infrastructures et de l’industrie manufacturière, «ce qui montre à quel point la reprise reste limitée et concentrée».

Par ailleurs les flux d’IDE vers les économies développées ont progressé de 11%, contre une croissance de seulement 2% pour les économies en développement, qui ont reçu 901 milliards de dollars, ajoute l’organisation.

Si les économies en développement ont reçu plus de la moitié de l’IDE mondial en 2025, la croissance a été modeste et inégale selon les régions.

L’Asie en développement est restée la première destination avec 644 milliards de dollars, loin devant l’Amérique latine et les Caraïbes où les investissement se sont chiffrés à 188 milliards de dollars.

De son côté, l’Afrique a reçu environ 70 milliards de dollars, un montant inférieur au niveau exceptionnel enregistré en 2024 mais supérieur d’environ un tiers à sa moyenne de la période 2010-2024, selon le rapport.

Les pays les moins avancés (PMA) ont vu leurs flux progresser de 21% à 43 milliards de dollars, mais ils ne représentent toujours que 2,7% des investissements mondiaux, «ceux-ci restant concentrés dans un petit nombre de pays, principalement riches en ressources naturelles».

L’organisation relève également un interventionnisme accru des États.

«En 2025, les gouvernements ont adopté un nombre record de 229 mesures de politique d’investissement, la plupart favorables aux investisseurs, mais de plus en plus orientées vers les secteurs stratégiques et les priorités nationales», souligne l’organisation.

Enfin pour 2026, la Cnuced juge les perspectives «incertaines en raison des politiques commerciales, des tensions géopolitiques, des conflits, du coût élevé du financement et de la fragmentation de l’économie mondiale, alors que la concurrence entre États pour attirer les investissements dans les secteurs stratégiques devrait encore s’intensifier».

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