La poursuite d’une croissance modérée de l’économie mondiale ne peut dissimuler les disparités qui persistent entre les différentes régions et secteurs d’activité, affirment Guy Wagner et son équipe dans leur dernier rapport d’analyse sur les marchés financiers, les «Highlights».
«Aux Etats-Unis, la croissance reste portée par les investissements massifs dans le domaine de l’intelligence artificielle et les dépenses de consommation des ménages les plus aisés, tandis que l’activité dans le secteur immobilier résidentiel demeure faible», dit Guy Wagner, chief investment officer (CIO) de BLI - Banque de Luxembourg Investments. «En zone euro, la dynamique économique, déjà plus modeste, a fait l'objet de révisions à la baisse sous l'effet des tensions énergétiques qui, toutefois, grâce à la fin de la guerre en Iran, devraient désormais s’atténuer.» En Chine, les statistiques de mai confirment une nouvelle fois le contraste entre la vigueur de la demande extérieure et l'affaiblissement de la conjoncture domestique, qui touche aussi bien la consommation des ménages que les secteurs de l’immobilier et des infrastructures. Au Japon, la vigueur persistante des exportations liées à l’intelligence artificielle soutient l’activité, alors que l’impact des prix élevés de l’énergie sur la consommation des ménages reste à évaluer.
La fin de la guerre en Iran réduit le spectre du développement d’une spirale inflationniste
Bien que les statistiques actuelles d’inflation se détériorent, la fin de la guerre en Iran réduit le spectre du développement d’une spirale inflationniste. Aux États-Unis, l’inflation est ressortie à 4,2% en mai, contre 3,8% le mois précédent. En zone euro, les effets de la baisse des prix de l'énergie consécutive à la fin des hostilités en Iran se reflètent déjà dans les statistiques de prix. Ainsi, l'inflation globale a baissé de 3,2% en mai à 2,8% en juin.
La Réserve fédérale a laissé ses taux directeurs inchangés
À l'issue de sa première réunion sous la présidence de Kevin Warsh, la Réserve fédérale a laissé ses taux directeurs inchangés. Par ailleurs, le nouveau président a profondément modifié la communication de l'institution en réduisant considérablement le contenu prospectif du communiqué de presse, désormais limité à un constat factuel de la situation économique, sans indication explicite sur l'orientation future de la politique monétaire. En zone euro, la Banque centrale européenne a relevé son taux de dépôt de 2,00% à 2,25%, conformément aux attentes du marché. «Cette décision ne semble toutefois pas marquer le début d'un cycle durable de resserrement monétaire, mais plutôt constituer un ajustement ponctuel destiné à prévenir d'éventuels effets de second tour liés au choc énergétique provoqué par le conflit en Iran», souligne l’économiste luxembourgeois.
Le mois de juin a été peu mouvementé sur les marchés obligataires
Le mois de juin a été peu mouvementé sur les marchés obligataires. La fin de la guerre en Iran a empêché une remontée supplémentaire des taux d’intérêt à long terme, sans pour autant déclencher une détente significative. Ainsi, le taux souverain à 10 ans a augmenté aux Etats-Unis et en France, tandis qu'il a légèrement baissé en Allemagne, en Italie et en Espagne.
Les marchés actions ont affiché un premier semestre très favorable
Malgré un mois de juin plutôt modeste, les marchés actions ont affiché un premier semestre très favorable, permettant à l’indice MSCI All Country World Index Net Total Return exprimé en euros de progresser de 14,3%. Guy Wagner: «Les gains boursiers les plus spectaculaires ont été enregistrés par les entreprises du secteur des semi-conducteurs dont les cours de bourse ont doublé en moyenne.» Au niveau géographique, le Stoxx Europe 600 a gagné en juin 2,5% (en EUR) et le Topix au Japon 1,0% (en JPY), tandis que le S&P 500 a reculé de 1,1% (en USD) et le MSCI Emerging Markets de 1,7% (en USD). Les performances sectorielles se sont révélées particulièrement hétérogènes, sans qu'une tendance clairement identifiable ne se dégage. «Les secteurs de la santé, de la finance et de l'industrie ont enregistré les meilleures performances, tandis que les matériaux, l'énergie et les services de communication ont accusé les replis les plus marqués.»