Le cours de l’or a perdu de son éclat cette semaine, plombé par les perspectives de hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) et quelques épisodes de vigueur du dollar.
De nouvelles attaques dans le Golfe ont renforcé les cours du pétrole et du dollar lundi et mercredi, faisant à l’inverse chuter le prix du métal jaune, valeur refuge concurrente.
En fin de semaine, le billet vert a cependant reculé en raison des espoirs persistants des investisseurs vers la conclusion prochaine d’un accord entre Téhéran et Washington pour mettre fin à la guerre.
L’une des conditions posées par l’Iran a en effet été emplie sur le papier, en la forme d’un cessez-le-feu annoncé mercredi à Washington entre Israël et le Liban, bien que l’armée israélienne y poursuive ses frappes.
La tendance s’est de nouveau inversée lorsque le ministère du Travail américain a fait part vendredi de 172’000 créations nettes d’emplois en mai aux Etats-Unis, près du double de ce que les analystes anticipaient, et d’un chômage stable à 4,3%.
«La solidité des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis renforce la probabilité d’une hausse des taux» américains, intégrée aux prévisions du marché en décembre, souligne James Knightley, analyste chez ING.
Cette perspective pousse le dollar vers le haut et plombe l’or en contrepartie.
Mais en toile de fond, «l’or reste soutenu par certains des acheteurs à long terme les plus puissants au monde», à commencer par les banques centrales, souligne Stephen Innes, de SPI AM.
Un rapport de la BCE publié mardi montre d’ailleurs qu’en raison de la hausse du prix de l’or l’année dernière, la part du métal jaune dans les réserves des banques centrales mondiales dépassait fin 2025 celle des bons du Trésor américain et de l’euro.
Vendredi, vers 15H15 GMT (17H15 à Paris), l’once d’or (31,1 g) s’échangeait à Londres à 4352,22 dollars, contre 4540,26 dollars à la clôture la semaine passée.
Le cuivre sous tension
Le cours du cuivre est resté stable cette semaine à la Bourse des métaux de Londres (LME) mais le marché reste nerveux, redoutant l’introduction de droits de douane sur le métal rouge aux Etats-Unis.
L’année dernière, le marché s’attendait déjà à des droits de douane, ce qui avait fait monter les cours et poussé les acheteurs américains à constituer par anticipation des stocks.
Finalement, les droits de douane n’ont été imposés que sur les produits semi-finis de cuivre.
Mais «le Département du Commerce doit formuler une recommandation au président Trump sur les droits de douane sur le cuivre d’ici la fin du mois», explique J.P. Steiner, analyste chez ADM Investor Services.
«Dans l’attente de cette décision, les stocks au COMEX (marché américain) augmentent déjà de nouveau, tandis que les stocks au LME reculent sensiblement. Cette tendance pourrait s’accentuer dans les prochaines semaines», si le projet d’extension des droits de douane se confirme, affirme Thu Lan Nguyen de Commerzbank.
Dans ce cas, de fortes fluctuations de prix sur le marché du cuivre seraient probables, prévient l’analyste.
Vendredi, une tonne de cuivre coûtait 13’547,50 dollars sur le LME, contre 13’636 dollars lors de la clôture de la semaine dernière.
Le café baisse
Les cours du café ont baissé cette semaine, poussés par des perspectives de récolte favorables au Brésil, de loin le premier producteur de café au monde, pour la saison 2026/2027.
Les attentes «sont positives, en particulier pour le café arabica, portées par des conditions météorologiques optimales dans les principales régions productrices», selon un rapport du ministère américain de l’Agriculture (USDA) publié lundi.
La récolte record attendue fait suite à cinq années de faible production, précise le rapport, et les exportations de café brésilien pour la campagne 2026/2027 devraient en conséquence bondir de 30%.
Par conséquent, la variété d’arabica est tombée à son plus bas niveau depuis fin 2024.
Sur l’ICE Futures US de New York vendredi, la livre d’arabica pour livraison en juillet valait 247,10 cents contre 265,60 cents le vendredi précédent.
Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison le même mois s’échangeait à 3304 dollars, contre 3476 dollars à la clôture sept jours plus tôt.