Les colégislateurs européens sont invités à «progresser rapidement» sur le cadre juridique de l’euro numérique, version dématérialisée des pièces et des billets, pour permettre aux nouveaux standards de paiement européens de s’imposer, a déclaré mercredi un haut responsable de la Banque centrale européenne.
Ces standards, une fois adossés à un euro numérique doté du statut de monnaie légale, permettraient aux acteurs privés européens de «développer leurs produits, avant même l’émission de l’euro numérique», prévue pour 2029, a plaidé Piero Cipollone, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), devant le Parlement européen.
Après un report, les eurodéputés devraient voter le 23 juin sur le projet de loi proposé en 2023 par la Commission européenne pour autoriser ce projet au long cours.
L’euro numérique doit surtout renforcer l’autonomie du continent en matière de paiements, face aux géants américains du secteur.
La BCE a également insisté sur l’enjeu politique du calendrier, appelant à finaliser les négociations et adopter le «paquet monnaie unique» - incluant les contours techniques de l’euro numérique et son statut de monnaie légale - d’ici début 2027, date du 25e anniversaire de l’introduction des billets et pièces en euros.
Une telle adoption enverrait «un message symbolique fort» sur la complémentarité entre espèces et euro numérique, «deux faces d’une même pièce» garantissant la liberté de choix des moyens de paiement, a souligné M. Cipollone.
Le démarrage du projet pilote lui-même devrait avoir lieu au second semestre 2027, a rappelé le banquier central.
Les milieux bancaires en Europe dénoncent eux le côté prohibitif du projet d’euro numérique, avec «près de 18 milliards d’euros d’investissements supplémentaires» à réaliser, selon la Fédération bancaire française (FBF), tout en faisant concurrence aux solutions de paiement déjà développées par le secteur privé, comme Wero.
Wero, qui entend marquer son territoire face aux américaines Visa et Mastercard, est une solution de l’European Payments Initiative (EPI), qui regroupe de grandes banques et prestataires européens, avec pour objectif de bâtir une infrastructure de paiement indépendante en Europe.
Elle permet des virements instantanés de compte à compte ainsi que dans le commerce en ligne, avant la prochaine étape qui permettra des paiements également dans les commerces physiques.
Dernier développement, les clients de la banque ING en Allemagne peuvent désormais payer avec Wero aussi dans le commerce en ligne auprès des marchands participants, a annoncé mercredi la banque.