La banque britannique Natwest a publié vendredi un bénéfice en hausse de plus de 14% sur un an au premier trimestre et améliore sa prévision de recettes pour l’année, en dépit de conditions économiques qui se dégradent du fait de la guerre au Moyen-Orient.
L’entreprise a dégagé sur les trois premiers mois de l’année un bénéfice net de 1,4 milliard de livres (1,6 milliard d’euros). Son produit net bancaire a progressé de près de 10%, à 4,4 milliards de livres (5,1 milliards d’euros).
Natwest dit s’attendre à un revenu annuel hors éléments exceptionnels «entre 17,2 et 17,6 milliards de livres», dans le haut de sa fourchette, mais reconnaît que «les conditions de marché restent incertaines», ajoutant qu’elle «affinera» ses prévisions au fil de «l’évolution de la conjoncture économique».
«Les perspectives de croissance économique à court terme se sont détériorées, principalement en raison de la hausse des prix de l’énergie consécutive au conflit au Moyen-Orient», précise la banque dans un communiqué.
Si ces résultats ne sont «pas parfaits, ils montrent une banque rentable bien capitalisée et soutenue par des prévisions améliorées», commente Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.
En outre, la guerre au Moyen-Orient, qui fait s’envoler les prix de l’énergie, favorise un environnement de «taux plus élevés pendant plus longtemps», qui sert «d’amortisseur» aux banques, note l’analyste.
Les banques centrales pourraient en effet être forcées de relever leurs taux cette année pour lutter contre l’inflation.
La Banque d’Angleterre (BoE), en particulier, a maintenu son taux directeur inchangé, jeudi, pour sa troisième réunion d’affilée, mais elle a prévenu que la perspective de baisses de taux s’éloigne tandis que l’option contraire de hausses s’impose désormais comme une possibilité.
La compatriote de Natwest, Lloyds, avait publié mercredi un bénéfice net en forte hausse au premier trimestre, profitant de taux d’intérêts qui restent élevés, mais prévenait elle aussi que la guerre au Moyen-Orient risquait de peser sur l’économie britannique.
Dans le cas de Natwest, son revenu net d’intérêts, pourtant en hausse sur un an, est ressorti un peu en dessous des projections du marché, et si le message de la banque «est rassurant», selon Matt Britzman, les investisseurs montraient plutôt leur inquiétude à la Bourse de Londres.
Le titre du groupe sur l’indice vedette FTSE 100 reculait de presque 4% peu après l’ouverture des échanges.