La banque centrale du Canada maintient son taux directeur à 2,25%

AWP/AFP

1 minute de lecture

La Banque du Canada «ne laissera pas la hausse des prix de l’énergie se transformer en inflation persistante» et se dit «prête à réagir au besoin».

La banque centrale du Canada a maintenu mercredi son principal taux directeur inchangé à 2,25%, mais a averti qu’elle pourrait intervenir si l’inflation provoquée par la guerre au Moyen-Orient persiste.

«La guerre avec l’Iran a entraîné une forte hausse des prix de l’énergie et des perturbations des transports, réduisant les perspectives de croissance dans les pays importateurs de pétrole et alimentant l’inflation dans le monde entier», analyse la Banque du Canada dans un communiqué.

Elle a réitéré qu’elle continuerait de «faire abstraction de l’impact immédiat de la guerre sur l’inflation», précisant qu’elle ne relèverait pas ses taux en réaction à des chocs temporaires sur les prix du pétrole.

Mais elle «ne laissera pas la hausse des prix de l’énergie se transformer en inflation persistante» et s’est dite «prête à réagir au besoin».

La banque a indiqué que ses prévisions d’inflation étaient «fondées sur l’hypothèse d’un reflux des prix du pétrole».

Cette décision marque le quatrième statu quo consécutif pour la banque centrale du Canada, qui a déjà annoncé vouloir rester en retrait aussi longtemps que possible, alors que plane l’incertitude sur les principaux facteurs qui façonnent l’économie.

Avant la guerre au Moyen-Orient, la principale source d’incertitude était l’avenir de la relation commerciale avec les États-Unis. Les droits de douane imposés par le président Donald Trump ont pénalisé des secteurs cruciaux de l’économie canadienne, en particulier l’automobile, l’acier et l’aluminium.

Mais plus de 85% des échanges transfrontaliers sont demeurés exempts de droits de douane grâce à l’actuel accord de libre-échange nord-américain.

Les discussions de renégociation de cet accord doivent s’intensifier. Trump a déclaré que l’accord était «sans importance» pour les États-Unis.

Ses principaux responsables commerciaux ont clairement indiqué que Washington souhaite des modifications substantielles de l’accord que Trump a pourtant signé et salué au cours de son premier mandat.

Le premier ministre canadien Mark Carney a déclaré que les États-Unis n’imposeraient pas les termes d’un nouvel accord.

Dans une note, la banque CIBC a indiqué que la banque centrale fait face à un «risque à double sens»: une économie soumise à des pressions inflationnistes à cause de la guerre, tout en étant confrontée à une «croissance molle» qui pourrait s’affaiblir davantage si les échanges avec les États-Unis étaient frappés de nouveaux droits.

A lire aussi...