Le commerce extérieur de la Suisse a nettement ralenti au premier trimestre 2026, tant au niveau des exportations que des importations. La pharma et la chimie ont affecté de manière significative l’évolution des échanges. Le chiffre d’affaires avec les Etats-Unis est au plus bas depuis 2020.
Les exportations désaisonnalisées se sont repliées de 4,2% à 66,9 milliards de francs au cours du premier trimestre 2026, retombant à leur plus bas niveau depuis le troisième trimestre 2021, rapporte mardi l’Office fédéral de la douane et de la sécurité aux frontières (OFDF).
Sur les trois premiers mois de l’année, huit des principaux secteurs sur dix ont vu leurs exportations se contracter. Le groupe phare, celui des produits chimiques et pharmaceutiques, a le plus souffert, avec une baisse de 8,1%, accusant par ailleurs un quatrième recul consécutif.
Si la bijouterie et joaillerie ainsi que les denrées alimentaires, boissons et tabac ont également reculé, leurs pertes ont été moins prononcées, se situant respectivement à -2,0% et -1,9%. A l’inverse, les ventes de l’horlogerie ont résisté au marasme (+2,1%). Celles des véhicules ont également progressé (+1,2%).
Exportations vers les USA au plus bas
Du point de vue géographique, seules les exportations vers l’Europe ont gagné du terrain (+3,8%), avec un bond notable de 51% vers la Belgique. Les expéditions vers l’Allemagne se sont en revanche dégradées (-6,1%).
Le chiffre d’affaires avec l’Amérique du Nord a flanché de 14,4%. Ici, les Etats-Unis ont lourdement pesé dans la balance, les exportations retombant à leur plus bas niveau depuis le dernier trimestre 2020 (-15,6%).
L’Asie a également essuyé un revers (-5,2%). Les envois de marchandises vers la Chine (-9,8%), le Japon (-5,9%) et les Emirats arabes unis (-8,4%) ont chuté.
Importations records de Corée du Sud et de Russie
Les importations ont, elles, fléchi de 4,7% à 55,8 milliards de francs. L’excédent de la balance commerciale s’est établi à 11,1 milliards de francs, régressant pour la cinquième fois consécutive. Sur les douze derniers trimestres, hormis quelques soubresauts, les importations ont globalement stagné.
Par secteurs, six des onze groupes de marchandises se sont contractées de janvier à mars 2026. Comme à l’exportation, les produits chimiques et pharmaceutiques ont subi des déboires, avec une chute de 10,8%. La bijouterie et joaillerie (-22,2%) et les arrivages de véhicules (-5,4%) ont également évolué négativement.
Fait intéressant, les livraisons de pétrole brut ont progressé de 16,2% par rapport au trimestre précédent à 328 millions de francs.
Par pays, la baisse des importations a principalement concerné l’Europe (-5,2%). L’Irlande (-30,5%) a connu le recul le plus conséquent, suivie par la Slovénie (-19,2%) et l’Espagne (-6,8%).
Les arrivages d’Amérique du Nord ont en revanche augmenté de 2,8%, tandis que ceux d’Asie se sont légèrement tassés de 0,3%. Côté asiatique, les livraisons de Corée du Sud ont atteint un record, avec un bond de 39,6%. A l’opposé, celles des Emirats arabes ont fondu de 27,1%. A noter encore que les importations de Russie ont progressé de 43,1%, émanant principalement de la chimie et de la pharma. Aucune livraison d’or n’a été recensée.
Produits chimiques et pharmaceutiques en hausse en mars
En mars 2026, les exportations désaisonnalisées se sont accrues de 1,0% à 22,4 milliards de francs. Cette hausse a presque exclusivement reposé sur les produits chimiques et pharmaceutiques (+3,6%). En termes réels, les expéditions de marchandises se sont toutefois dégradées de 3,4%.
Après leur chute du mois précédent, les importations ont bondi de 10,1% pour s’établir à 19,6 milliards de francs (réel: +3,1%). Cette volte-face est également à mettre sur le compte des produits chimiques et pharmaceutiques, qui se sont envolés de 36,1% sur un mois. Pour le mois sous revue, la balance commerciale a présenté un excédent de 2,7 milliards de francs.