Le dollar reprend sa hausse jeudi en même temps que les prix du pétrole, le ton plus offensif que prévu de Donald Trump ayant douché les perspectives de désescalade au Moyen-Orient.
Vers 18H50 GMT (20H50 à Paris), le billet vert prenait 0,46% face à la monnaie unique européenne, à 1,1536 dollar pour un euro, et 0,61% face à la devise britannique, à 1,3224 dollar pour une livre.
Le Dollar index, qui compare la monnaie américaine à un panier d’autres grandes devises, gagnait pour sa part 0,37% à 100,02 points.
«Le dollar reprend du terrain sur l’ensemble du marché des changes, le moral des marchés s’étant détérioré en raison des inquiétudes croissantes quant à la durée du conflit au Moyen-Orient», remarquent les analystes de Monex USA.
Le président américain a promis mercredi soir lors d’une allocution de ramener l’Iran à «l’âge de pierre» en frappant Téhéran «extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines».
Mais il s’est aussi dit «proche de remplir» les objectifs stratégiques américains.
«Le marché attendait avec impatience un signe qui viendrait confirmer l’espoir» d’une accalmie sur le plan géopolitique, mais «il n’en a trouvé aucun», note Marc Chandler, de Bannockburn Global Forex.
Au contraire, «le ton du discours du président Trump semble avoir renforcé les inquiétudes des marchés», commentent les analystes de Scotiabank.
Et l’armée iranienne a promis des attaques «dévastatrices» contre les Etats-Unis et Israël en réponse à ses propos.
En conséquence, les prix du pétrole ont à nouveau flambé jeudi.
L’or noir étant libellé en dollar, une hausse de ses cours est de nature à pousser la monnaie américaine vers le haut.
Autre élément de soutien: les Etats-Unis - premier producteur mondial de brut - sont techniquement moins exposés à un choc pétrolier que d’autres économies, comme la zone euro. Cela rend donc le dollar plus attractif.
Pour Marc Chandler, «il va être difficile de raviver l’enthousiasme» des opérateurs.
En outre, «l’activité générale sur les marchés s’affaiblit à mesure que les opérateurs se préparent à célébrer les fêtes de Pâques dans différentes régions», remarquent les experts de Monex USA.