Les marchés européens misent sur une fin rapide de la guerre

AWP/AFP

2 minutes de lecture

Paris grimpe de 2,10%, Francfort de 2,73%, Londres de 1,85% et Milan de 3,17%. A Zurich, le SMI monte de 1,68%.

Les marchés boursiers mondiaux profitent mercredi d’un vent d’optimisme après les propos du président américain Donald Trump envisageant la fin de la guerre en Iran d’ici deux à trois semaines.

Les bourses européennes ont terminé en forte hausse, la Bourse de Paris prenant 2,10%, Francfort 2,73%, Londres 1,85% et Milan grimpant de 3,17%. En Suisse, le SMI a pris 1,68%.

A Wall Street, vers 16H00 GMT, le Dow Jones gagnait 0,94%, l’indice Nasdaq prenait 1,62% et l’indice élargi S&P 500 s’octroyait 1,10%.

«Comme les actions américaines ont été plus résilientes, le potentiel de hausse est plus fort côté européen», souligne Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement à Pictet AM, affirmant que la plus forte hausse des places boursières du Vieux continent s’explique «par un aspect spéculatif».

Dans l’ensemble, les principaux indices boursiers «ont connu une nette hausse mercredi, portés par les déclarations du président américain Donald Trump suggérant que le conflit avec l’Iran pourrait toucher à sa fin», résume Patrick Munnelly, de Tickmill Group.

Donald Trump a assuré mercredi que le président iranien réclamait un cessez-le-feu, mais a exclu toute trêve sans réouverture de détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole du Moyen-Orient et dont le blocage par l’Iran déstabilise l’économie mondiale.

Le président américain a aussi évoqué une fin de la guerre d’ici «deux ou trois semaines», accord ou non. Il doit «donner de nouvelles informations importantes sur l’Iran» dans une allocution prévue en fin de journée aux Etats-Unis, à 01H00 GMT jeudi selon la Maison Blanche.

Les déclarations de Donald Trump ont «laissé entrevoir une possible résolution du conflit avec l’Iran. Washington semblait ouvert à des négociations directes avec Téhéran et évoquait la possibilité d’une désescalade même en l’absence d’un accord formel», souligne M. Munnelly.

«Il subsiste encore des zones d’ombre importantes», rappelle cependant Fawad Razaqzada, analyste de marché pour Forex.com. «La principale concerne le détroit d’Ormuz», point de passage de 20% de l’approvisionnement mondial de pétrole.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont affirmé de leur côté que le détroit d’Ormuz resterait fermé aux «ennemis» du pays.

Sur le terrain, le mur d’enceinte de l’ex-ambassade des Etats-Unis en Iran, lieu symbolique de l’hostilité entre les deux pays dans le centre de Téhéran, a été endommagé mercredi matin. La veille, des complexes sidérurgiques du centre et du sud-ouest du pays avaient été touchés.

Accalmie sur le pétrole

Les propos de Donald Trump ont aussi calmé le marché du pétrole, «mais un Brent se maintenant autour de 100 dollars le baril montre que le marché n’est pas encore totalement convaincu», tempère Fawad Razaqzada.

Référence mondiale du brut, le Brent de la mer du Nord restait en baisse mais a repassé la barre des 100 dollars le baril (101,82 dollars, -2,07%). Son équivalent américain du WTI s’échangeait à 99,60 dollars (-1,76%) vers 16H00 GMT.

Même dans l’hypothèse où les propos de Trump donneraient un coup de pouce immédiat aux actions, «les perturbations dans le secteur de l’énergie se poursuivraient pendant plusieurs mois et devraient probablement peser à la fois sur l’inflation et sur la croissance économique», note Emma Wall, stratégiste en chef des investissement pour Hargreaves Lansdown.

«Il y a tout simplement trop d’incertitudes, tant sur les perturbations de l’offre que sur l’escalade géopolitique, pour que les prix puissent réellement se réajuster significativement à la baisse pour l’instant», résume M. Razaqzada.

Détente sur le marché obligataire

La détente se faisait également sentir sur le marché de la dette des États, plombé par les risques d’inflation qui préoccupent les créanciers.

Le taux d’intérêt des emprunts de l’Allemagne à échéance dix ans repassait sous la barre des 3% pour la première fois depuis plusieurs jours (2,99%). Son équivalent français affichait un rendement de 3,68% sur dix ans, contre 3,72% la veille.

Les taux d’intérêt montent avec les risques d’inflation car les créanciers demandent des garanties face à l’érosion de la valeur de leur capital prêté.

«La détente est d’abord venue des taux, ce qui est assez classique: le marché obligataire anticipe souvent les points d’inflexion», analyse Antoine Andreani, directeur des analyses de XTB. «Les actions ont simplement pris le relais du mouvement. Pour l’instant, on parle davantage d’un rebond technique que d’un vrai retournement».

A lire aussi...