Le Japon a annoncé jeudi avoir commencé à puiser une nouvelle partie de ses réserves stratégiques de pétrole, après avoir entamé la semaine dernière le déstockage de l’équivalent de 15 jours de réserves pétrolières du secteur privé.
L’Iran a quasiment fermé le stratégique détroit d’Ormuz depuis les frappes américano-israéliennes qui ont déclenché la guerre le 28 février, provoquant une envolée des prix mondiaux du pétrole et du gaz.
La quatrième économie mondiale est le cinquième importateur de pétrole de la planète. Quelque 94% de son pétrole proviennent du Moyen-Orient et 93% transitent par le détroit d’Ormuz.
«La libération (des réserves nationales) vers les raffineurs a débuté à 10H59 (01H59 GMT)», a déclaré à l’AFP Kaname Morimoto, un responsable du ministère de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie.
Le volume de ce nouveau prélèvement n’a pas été précisé.
La Première ministre japonaise Sanae Takaichi avait annoncé cette nouvelle étape mardi sur son compte X en évoquant son intention de «garantir la quantité nécessaire pour l’ensemble du Japon de produits pétroliers».
Le porte-parole du gouvernement, Minoru Kihara, a confirmé jeudi «le transfert de pétrole depuis la moitié des stations de stockage vers quatre compagnies de raffinage».
Mercredi, 45 navires liés au Japon se trouvaient toujours dans le golfe Persique, dont cinq battant pavillon japonais, et cinq autres transportant un total de 24 membres d’équipage japonais, selon le ministère des Transports.
De son coté, le président de l’Association des armateurs japonais (JSA), Hitoshi Nagasawa, a demandé mercredi «instamment au gouvernement» d’aider à rouvrir le passage par le détroit d’Ormuz.
L’Organisation maritime internationale a annoncé mardi avoir été informée par l’Iran que les «navires non hostiles» pouvaient transiter par le détroit d’Ormuz s’ils respectaient les exigences de sécurité et de sûreté, en coordination avec les autorités concernées.
Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) Fatih Birol s’est dit mercredi à Tokyo «prêt» à approuver une nouvelle libération de réserves pétrolières par ses pays membres si cela s’avère nécessaire pour amortir l’impact du conflit au Moyen-Orient sur l’approvisionnement mondial.
En décembre, les réserves stratégiques de pétrole du Japon, étatiques et privées, s’élevaient à plus de 400 millions de barils, représentant 254 jours de consommation nationale.