Moyen-Orient: légère accalmie sur les marchés européens

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Londres progresse de 0,55%, tout comme Francfort (0,50%) et Paris (0,31%). Milan reste proche de l’équilibre (+0,07%).

Répit sur le pétrole et les taux obligataires, rebond des indices boursiers: une légère accalmie a traversé les salles de marchés lundi, malgré l’incertitude sur la durée du conflit qui bloque le détroit d’Ormuz.

Le repli des prix pétroliers a redonné des couleurs aux marchés, à quelques jours d’une réunion très attendue de la Réserve fédérale, puis de la Banque centrale européenne, les premières depuis le lancement de la guerre contre le régime iranien par les Etats-Unis et Israël le 28 février.

Vers 18h50, la référence WTI des prix du pétrole américain reculait de 4,29% à 94,40 dollars le baril. Egalement en baisse (-1,97%), son homologue européen du Brent de la mer du nord restait au-dessus du seuil des 100 dollars (101,10).

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’est dite prête à débloquer davantage de stocks stratégiques de pétrole «si nécessaire», après la décision annoncée mercredi de libérer 400 millions de barils de pétrole. Il s’agit de compenser partiellement le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement 20% de la production mondial de pétrole.

La détente reste fragile «tant qu’il n’y a pas de discussions qui s’enclenchent dans la région et qui soient annoncées comme telles», estime Alexandre Baradez, Responsable des analyses marchés pour IG. «Les implications macro-économiques du conflit au Moyen-Orient sont toujours peu claires compte tenu de l’incertitude quant à son ampleur et à sa durée», juge aussi le chef économiste de la Banque des règlements internationaux (BRI), Hyun Song Shin.

Bourses dans le vert

En attendant, la baisse des prix du pétrole entraîne le rebondissement des indices boursiers et une relative détente sur les taux d’emprunts des Etats, souligne M. Baradez. A 18h25, le Nasdaq gagnait 1,38%, l’indice composite S&P 500 progressait de 1,09% et le Dow Jones prenait 0,85%.

Les Bourses européennes ont aussi clôturé en hausse, portées par cette accalmie fragile. Londres a progressé de 0,55%, tout comme Francfort (0,50%) et Paris (0,31%). Milan est restée proche de l’équilibre (+0,07%). La Bourse suisse a elle achevé la séance sur un gain de 0,33%.

A la troisième semaine de guerre, «les investisseurs réagiront davantage aux faits tangibles et se livreront moins à de nouvelles spéculations concernant le conflit au Proche-Orient», veut croire Andreas Lipkow pour CMC Markets.

A Francfort, la séance a tourné autour du titre de la banque Commerzbank (+8,62%), dans le viseur des marchés après une offre publique d’achat jugée hostile lancée par sa rivale italienne UniCredit. Une telle offensive est politiquement sensible, l’État fédéral allemand détenant 12% du capital de Commerzbank, héritage de la crise financière de 2008.

La fin provisoire de la flambée des prix du pétrole a réduit légèrement le coûts des emprunts émis par les Etats pour financer leurs dettes, à quelques jours des réunions de la Réserve fédérale et de la Banque centrale européenne (BCE). A 18h30, le rendement à 10 ans des bons du Trésor américain, l’échéance la plus scrutée, évoluait à 4,23% contre 4,28% à la clôture vendredi.

Le rendement de l’emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, évoluait à 2,95%, contre 2,98% vendredi soir. Les analystes continuent de miser sur une réaction prudente des Banques centrales cette semaine, sans hausse des taux à la clé malgré les risques d’inflation.

«La BRI a invité les Banques centrales à ne pas surréagir à la question du pétrole», relève Alexandre Baradez d’IG. «Nous nous attendons à ce que la Fed maintienne ses taux inchangés à 3,5-3,75% mercredi», estime Xiao Cui, Senior Economist chez Pictet WM.

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