Le dollar marque une pause mardi, après les propos de Donald Trump lundi soir assurant que la guerre était «quasiment» finie en Iran, ce qui a fait chuter les cours du pétrole et du gaz, précédemment portés par les craintes sur l’approvisionnement.
L’envolée des hydrocarbures avait jusqu’ici soutenu le billet vert, qui s’est renforcé d’environ 1% depuis le déclenchement de la guerre il y a onze jours.
«Si les négociations sur une cessation des hostilités ou un cessez-le-feu (...) progressent significativement», le dollar pourrait stopper durablement son ascension, estime Chris Turner, analyste d’ING.
Vers 11h35, la devise américaine s’affichait stable (+0,01%) par rapport à l’euro, à 1,1634 dollar. Elle relâchait aussi 0,09% à la livre britannique, et grappillait 0,10% au yen japonais.
L’inflation dans la zone euro, revenue autour de la cible de 2% visée par la Banque centrale européenne (BCE), pourrait par ailleurs être dopée par la flambée des prix de l’énergie.
Les investisseurs «commencent à intégrer l’idée que la BCE puisse être contrainte de maintenir, voire de durcir, sa posture monétaire» en remontant ses taux, constate John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement de la banque privée Cité Gestion Private Bank.
Cependant, cette inflation élevée pourrait être combinée à une activité économique morose, faisant craindre à la Commission européenne un «choc stagflationniste majeur» en cas de conflit prolongé.
Selon Gabriel Sterne et Callee Davis, d’Oxford Economics, les économies des «pays d’Europe centrale et orientale, le Chili et l’Inde» sont particulièrement vulnérable à ces «risques d’inflation» accrus par la guerre.
Lundi, la devise indienne a encore touché un plus bas historique, à 92,3575 roupies pour un dollar, mais elle remontait mardi de 0,57%, à 91,8050 roupies.
La couronne tchèque, le forint hongrois, le zloty polonais et le peso chilien ont reculé la semaine dernière avant d’effacer une partie de leur pertes cette semaine.
À l’inverse, en théorie, «les devises des pays exportateurs de pétrole ont tendance à s’apprécier lorsque les chocs provoquent une hausse des prix du brut», notamment lorsqu’il s’agit de « chocs d’offre ou de demande» fondés sur des faits plutôt que sur des craintes, rappelait la semaine dernière Michael Pfister, analyste chez Commerzbank.
Si la couronne norvégienne n’a pas profité des craintes sur l’approvisionnement en brut depuis le Moyen-Orient, le dollar canadien s’est un peu apprécié depuis le début du conflit.