Le dollar reprend son souffle vendredi, pris entre la folle remontée des cours du pétrole avec la guerre au Moyen-Orient et un rapport sur l’emploi américain moins bon qu’attendu.
Vers 18H45 GMT, le billet vert ne grappillait que 0,06% à la monnaie unique européenne, à 1,1602 dollar pour un euro. Plus tôt dans la journée, il avait atteint 1,1546 dollar pour un euro.
La devise américaine «se consolide» après «une progression particulièrement importante cette semaine», commente auprès de l’AFP Marc Chandler, de Bannockburn Capital Markets.
Le dollar a gagné environ 1,70% depuis vendredi dernier, veille des frappes israélo-américaines ayant déclenché le conflit.
Les prix du pétrole ont eux gonflé de plus de 30% sur une semaine et ceux du gaz européen de plus de 60% face aux craintes pour l’approvisionnement mondial.
«Le dollar est la devise la plus utilisée pour le commerce du pétrole» et d’autres produits énergétiques, expliquent les analystes de Monex USA.
«Le fait d’avoir besoin de plus de dollars pour faire face à des coûts plus élevés rend donc son appréciation inévitable», poursuivent-ils.
Mais le «buck» - l’un des surnoms de la monnaie américaine - a été freiné dans son élan vendredi par la publication de chiffres montrant la destruction de dizaines de milliers d’emplois en février aux Etats-Unis, là où les marchés tablaient sur des créations nettes.
Le chômage a lui grimpé à 4,4%. Les investisseurs l’attendaient inchangé, à 4,3%.
«Les données publiées aujourd’hui risquent de raviver les inquiétudes de la Réserve fédérale (Fed, ndlr) concernant le marché du travail», estime Christoph Balz, économiste de Commerzbank.
Après le déclenchement de la guerre la semaine dernière, les marchés avaient conclu que la prochaine baisse des taux de l’institution monétaire arriverait plus tard que prévu face aux potentielles hausses de prix.
Le calcul pourrait changer si le marché du travail américain présentait d’autres signes de faiblesse.
Une approche monétaire accommodant» serait ainsi de nature à miner le dollar.
«La Fed interprétera ces chiffres avec prudence et attendra d’autres rapports avant d’ajuster ses prévisions», avance toutefois Christoph Balz.