La guerre en Iran pèse lourdement
L’attaque militaire des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran n’a fait qu’accroître les incertitudes géopolitiques. Les souffrances de la population civile sont au centre des préoccupations, mais certains points méritent également d’être pris en compte du point de vue des investisseurs. L’incertitude liée à la guerre se reflète dans les fluctuations accrues des cours en bourse (cf. graphique de la semaine). Le pétrole brut y joue un rôle prépondérant. Rien que cette semaine, le prix du baril de Brent a augmenté jusqu’à 16%. A ce niveau, l’or noir a des effets inflationnistes. En fonction de la durée et de l’ampleur de la fermeture du détroit d’Ormuz, le prix du pétrole risque d’augmenter encore. En effet, 20 à 25% du pétrole et du gaz liquéfié (GNL) mondiaux traversent ce détroit.
La bourse suisse est en berne
Le Swiss Market Index (SMI) a nettement reculé lors des premiers jours de négoce de mars et a largement effacé la bonne performance de février. Le groupe logistique Kühne+Nagel a présenté des chiffres mitigés pour l’année écoulée. La perspective d’une stabilisation de l’activité et les imminentes réductions de coûts ont apaisé les investisseuses et investisseurs. Le groupe d’assurance Zurich a levé 3,9 milliards de francs cette semaine pour financer une partie du rachat de l’assureur spécialisé Beazley. Etant donné que le fabricant de vannes à vide VAT avait déjà publié certaines données clés pour 2025, les investisseuses et investisseurs ont accordé une attention particulière aux perspectives lors de la présentation des chiffres annuels. Ces perspectives se sont avérées positives, car l’entreprise table sur un essor dans le secteur des semi-conducteurs. Le groupe industriel Bucher a gagné un peu plus que l’exercice précédent. Il s’attend à une nouvelle reprise de la demande pour l’année en cours. Le groupe de construction Implenia connaît lui aussi de bons résultats. Bien que le chiffre d’affaires ait légèrement diminué, la société est parvenue à accroître sa rentabilité et à augmenter sensiblement son volume de commandes. Le cours de l’action a réagi positivement, bien que les titres aient déjà progressé d’environ 150% depuis début 2025 et anticipent donc déjà bien des choses. Le spécialiste des soins de la peau Galderma a atteint ses objectifs l’année dernière et entend croître encore plus fortement en 2026. L’entreprise d’emballage SIG quant à elle est en pleine restructuration. Les coûts qui en découlent font passer le résultat annuel dans le négatif et les dividendes sont supprimés pour les actionnaires.
L’inflation n’est pas à l’ordre du jour en Suisse
Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), l’inflation en Suisse est restée, avec 0,1%, à un niveau très faible en février par rapport à l’exercice précédent. L’indice suisse des prix à la consommation (IPC) a toutefois augmenté de 0,6% par rapport au mois précédent, ce qui est notamment dû à la hausse des loyers de logement. Bien que l’inflation ne constitue pas une menace, le tableau est contrasté. Tandis que les prix des biens nationaux ont augmenté de 0,6% par rapport au mois de l’exercice précédent, le coût des importations a diminué de 1,6% grâce à la force du franc suisse.
Un marché de l’emploi suisse robuste
Le taux de chômage en Suisse s’est maintenu à 3,2% en février. Corrigé des variations saisonnières, le taux a progressé de 0,1 point de pourcentage au cours du mois écoulé pour s’établir à 3,0%, un niveau toujours très faible.
Un dollar US souriant
Selon la «théorie du smile du dollar US», le billet vert a toujours tendance à se renforcer dans les situations extrêmes. Cela implique d’une part une forte croissance de la conjoncture américaine et, d’autre part, des crises mondiales. En revanche, dans un environnement modéré, la monnaie américaine fléchit car les investisseuses et investisseurs recherchent des rendements plus élevés dans d’autres monnaies. Ces tendances forment une courbe en forme de sourire. En raison des incertitudes liées à la guerre en Iran, celle-ci est considérée comme une crise mondiale. Il n’est donc pas étonnant que le dollar se soit apprécié par rapport au franc suisse cette semaine. Malgré tous ses déficits structurels, le dollar est considéré comme une valeur refuge en cas de crise. Au vu de l’évolution extrêmement faible de l’année dernière, il faut toutefois relativiser la récente flambée de son cours.
Graphique de la semaine
Les investisseurs s’inquiètent. C’est ce que montre l’indice de volatilité VIX, que l’on appelle également le baromètre de la peur. Avec l’attaque des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran, l’indice a nettement augmenté, pour atteindre un niveau rarement connu ces derniers mois. Il est intéressant de noter que le VIX n’a cessé d’augmenter depuis le début de l’année. Il témoigne d’une inquiétude qui gagne les investisseurs depuis des semaines. Une forte hausse des fluctuations s’accompagnant souvent d’une baisse des cours, des opportunités peuvent ainsi se présenter.
GROS PLAN
Montagnes russes sur les bourses coréennes
L’indice directeur coréen KOSPI a perdu environ 12% rien que mercredi, avant de se redresser le lendemain. Une hausse d’environ 30% est constatée depuis le début de l’année.
LE PROGRAMME
Inflation aux Etats-Unis
Les derniers chiffres de l’inflation américaine seront publiés mercredi prochain, le 11 mars. Les investisseuses et investisseurs espèrent en tirer des conclusions pour la politique monétaire future.